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"Anéantie, j'en lâche le magazine porno. Tous les protagonistes masculins de cette tragédie suivent sa courbe descendante jusque sur le paillasson, avant que le chien se jette dessus, langue pendante et queue haute, et disparaisse dans les profondeurs abyssales de sa niche pour se vautrer dans le stupre. Les hommes, tous les mêmes !"

 

«Un père, une mère et leurs six enfants. Deux filles, quatre garçons. Une équipe mixte de volley-ball et deux remplaçants, ma famille au grand complet. Neuf en comptant le chien. Onze si l’on ajoute les deux chats.» La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles clerc de notaire pacifiste, Adélaïde infirmière anarchiste et excentrique. Les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d’une fantaisie bien peu militaire.

Jusqu’à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l’appel. Gus, l’incurable gentil, le bouc émissaire professionnel a disparu et se retrouve accusé du braquage d’un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi.

 

Marin Ledun est un auteur de polars atypiques qu'on suit depuis le tout début du blog  La Guerre des vanités,et dont on suit pratiquement toutes les parutions: du polar noir et brutal comme on aime.

Alors, pour ceux qui comme nous, connaissent  pas mal comme nous l'univers de Marin Ledun  on ne le voyait pas forcément du coté de  la comédie à la Daniel Pennac ou Jean Baptiste Pouy, ,ou si on on veut des exemples moins littéraires, à l'age d'or du cinéma des années 70, versant italienne..

Dans Salut à toi ô mon frère, sa dernière parution à ce jour, si son  intrigue plantée à Tournon (comme la guerre des vanités, normal vu que le romancier connait très bien l'Ardèche) –Marin Ledun tente la comédie socialo-policière qui lorgne énormément du coté de la saga Malaussène  avec une  famille  bien barrée et déglinguée comme il faut!

Au fil des péripéties bien fantastiques de cette famille Mabille-Pons, chantre du non-conformisme,  on a pas mal de tendresse et l'humour, et comme on ne se refait pas totalement un regard bien aiguisé sur société.

L'absurde de certaines situations et  n'empechent pas la chronique sociale et une belle diatribe en règle contre le racisme l'intélorance et les extremismes en tous genre, ce qu'il fait avec un sens  de l'a propos et de la formule qui décoiffe pas mal « - Un papillon, c'est jamais qu'une mite qui aurait pris de l'acide. »

 Une comédie policière mordante et décapante, qui prouve que Marin Ledun manie vraiment tous les genres

Salut à toi ô mon frère, de Marin Ledun- Éditions Gallimard, coll. Série Noire, 2018