IMG_20180731_165043"Je l'ai aimé. Comme je l'ai aimé, lui, ça non plus, je ne le retrouverais jamais, cet amour inconditionnel et pur qui me liait à mon ainé. Personne jamais ne m'inspirera autant d'admiration autant de volonté éperdue d'imitation et de dévouement.Il a été mon dieu- et pourquoi il ne l'aurait pas été, je connais peu de gens qui n'aient pas été fascinés par Thadée avant son accident ."

Vendu comme une sorte de  "Stephen King à la française",  sur le bandeau de couverture de l'édition poche parue chez FOLIO pour cet été,  par une Olivia de Lamberterie qui refera très bientôt l'évènement de la rentrée littéraire et d'une de nos chroniques, "Les garçons de l'été", roman d'une certaine Rebecca Lighieri (en fait, le pseudo utilisé par  la romancière Emmanuelle Bayamack-Tam, lorsqu'elle sort de ses romans plus intimistes habituels) truste en fait différents genres.

En fait, ce n'est que dans sa toute dernière partie que l'on comprendra mieux pourquoi Olivia avait pensé à faire cette filiation avec le maitre de l'épouvante, avec l'irruption d'un clown maléfique qui fait forcément penser à l'affreux Pennywise, d'autant plus qu'un des personnages cite le livre en référence.

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Avant ce volet qui sonde les angoisses de l'enfance avec une belle réussite et un vrai effroi , "les garçons de l'été" nous aura amené sur d'autres rives plus ou moins usitées dans la littérature française , comme la saga familiale dysfonctionnelle, le récit iniatique d'un milieu , le surf qu'on connait finalement assez peu ( sauf pour les fans de Point Break et de Patrick Swayze), et le récit choral à plusieurs voix .

En effet,  l'auteur raconte la même histoire avec une  succession de points de vue  qui nous dévoile peu à peu des éléments de personnalités de tels ou tels personnages qui nous aident à mieux les cerner et à mieux comprendre les tenants et aboutissants d'une intrigue aussi surprenante que tortueuse.

Un récit qui déroute sans cesse, en empruntant pas mal de chemins différents en fonction de l'interlocuteur qui nous raconte l'histoire : la chronique d'un adultère de province, laisse place à une critique sans faille d'une bourgeoisie sur ses attributs et de sa réussite, et là, quelques chapitres après on a carrément une attaque de requins qui ferait passer les dents de la mer pour une aimable bluette..

Bref un roman aussi dense que construit avec une immense maestria qui constitue sans doute une de nos meilleurs lectures en poche de ces dernières semaines, et bref une lecture vraiment idéale pour cet été !!