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En cette fin d'été, on vous signale la sortie DVD le 21 août du film AMERICA de Claus Drexel (Affaire de famille, Au bord du monde), un documentaire profondément humain et révélateur de  la mentalité de l’Amérique profonde  -sur une petite ville d’Arizona Seligman pendant la campagne présidentielle Trump à l’été 2016.

 Novembre 2016 : les États-Unis s'apprêtent à élire leur nouveau président. AMERICA est une plongée vertigineuse au coeur de l'Arizona, à la rencontre des habitants d'une petite ville traversée par la Route 66, les héritiers cabossés du rêve américain qui nous livrent leurs espoirs et leurs craintes.

  Fin 2016, quelques semaines avant les élections présidentielles aux États-Unis, le réalisateur franco allemand Claus Drexel (dont vous avez peut être vu Affaire de famille ou Au bord du monde) prend sa (ses) caméra(s) pour interroger l'Amérique : où e n est-on du rêve ? Et comment s'annonce la réalité : plutôt rouge républicain ou bleu démocrate ?

 

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 Pour répondre à ces questions, le documentariste va chercher au plus profond du pays et compose son film entre plans larges sur l'immensité des paysages, et portraits de personnages dans leur environnement naturel. Tapisseries vieillottes, rocking-chair sur le perron, gros 4x4 et fusils...

La magie du documentaire réunit ce que westerns, séries B et films d'auteurs ont pu nous montrer du fascinant continent.

Claus Drexel nous donne à voir une Amérique figée dans les années 1980, à travers des caractères souvent décalés, parfois rustres et toujours attachants.  Parfois, souvent même , Les habitants de  Selligman surprennent par leur candeur.

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L'indien hopi, les vétérans du Vietnam, le barbier mexicain... tous partagent un même attachement patriote, et le même esprit de liberté.

 Mais zoomons un peu sur le contexte du film. Nous sommes à Seligman, ville emblématique de la route 66 en Arizona, à 3h30 de Phoenix , 600km de Los Angeles ; la prochaine épicerie est à 1h30... Justice, police, santé, ici, on a pris l'habitude de ne compter que sur soi-même. L'esprit cow-boy se conjugue mal avec l'intervention étatique. On comprend alors mieux la résistance à l'Obama-Care et la banalisation du port d'armes.

 On peut alors interroger le titre, America, et derrière lui la démarche même du film. Esthétiquement très beau, il en devient presque lisse. Et si le réalisateur a failli nous surprendre, sa présence trop peu subtile derrière la caméra trahit un regard bien européen sur cette folle Amérique. L'axe du mal serait Atlantique,avec les bons d'un côté, les bruts et les truands de l'autre...

 

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  Pourtant, des discours politiques qui s'adressent aux peurs et s'abreuvent des colères citoyennes, ça ne vous rappelle rien ?

 

  "On est pas meilleurs que les autres, mais ont est les leaders »-

 

Il faut absolument voir America,  même si on ne peut en 1h20 saisir toute  la complexité d'un pays qui a autant de visages que d'habitants.

 

 

BONUS DU DVD

 

  • Dans les coulisses du tournage : le réalisateur Claus Drexel nous raconte la génèse de son film et les tous premiers témoignages qu'il a recensé et qui ne sont pas dans la version finale
  • D'autres personnages : dans la soixante de personnes rencontrées par l'équipe du film, une trentaine seulement sont dans le film: petite revue d'autres personnages présentés par le cinéaste qu'il a du couper dans la version finale
  • Images d'Amérique : très beau clip de paysages des USA sur une musique profonde et mélancolique d'Ibrahim Malouf
  • Démontage d'un fusil AR 15 par l'arumurier de Seligman
  • Interview de Claus Drexel par Olivier Père qui  explique dans le détail la génèse de son film  sa vision de l'Amérique profonde, et les différentes problématiques  qui la sous tendent.
  • Bande annonce du film