Trois longs métrages, deux français et un du cinéma d'auteur américain sur la selette de nos critiques cinéma..c'est parti !

1. The Rider, Chloé Zhao (Blaqout, sortie le 26/09/2018)

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Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2017, The Rider poursuit la démarche débutée dans Les Chansons que mes frères m’ont apprises, le premier long-métrage de la réalisatrice Chloé Zhao.

Après ce premier long métrage de bien heureuse mémoire, elle continue dans la veine du faux documentaire dans un vrai film de fiction.
The Rider est son  second  long-métrage et c'est une oeuvre qui est particulièrement singuliere par son approche et son décor.

Poignant film sur le renoncement, beau poème triste de l’Amérique profonde, celle dont personne parle.
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Un monde qui semble s’être arrêté au XIX e siècle. Film mystique et panthéiste sur un jeune homme dresseur génial qui murmure à l’oreille des chevaux, Chloé Zhao fait le portrait d’une famille attachante, un père, un frère et une sœur, sont filmés à une distance pudique de l’aube au crépuscule dans des paysages immenses et cette petite communauté pauvre qui se bat pour survivre dans un monde où bientôt elle n’aura plus de place nous bouleverse...
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Bref on a  adoré mais  on préfère ne pas trop dévoiler car le spectateur n’aura plus de surprise, Zhao à réussi à nous bouleverser avec du rodéo dans un bled paumé, les héros sont des beaufs qui ne sont jamais sortis de leur trou et qui n’en n’ont pas envie mais ils sont filmés avec un tel respect et une telle empathie que tu ne peux que t’attacher à eux...
Assurément,  cette réalisatrice de ce bouleversant  portrait d’un jeune homme en crise, porté par la formidable prestation de Brady Jandreau , est une future très grande...

 THE RIDER bande annonce officielle [720p]

SUPPLÉMENTS

Entretien avec Cholé Zhao à la Quinzaine des Réalisateurs (3min)
Entretien avec Brady Jandreau (11min)

 

0010354_abdel-et-la-comtesse_5002. Abdel et la comtesse; Isabelle Doval ( M 6 vidéo- le 26/09/2018)

A la mort du Comte, la Comtesse de Montarbie d’Haust doit transmettre le titre de noblesse et le domaine à un homme de la famille, comme le veut la tradition aristocratique. Elle ne peut cependant se résoudre à transmettre le domaine à Gonzague, un neveu arrogant et cupide, plutôt qu’à sa fille.

Heureusement, elle croise la route d’Abdelkader, un jeune de cité débrouillard et astucieux. Issus de deux mondes que tout oppose, ils pourraient bien s’aider mutuellement !

 Authentique aristocrate,Charlotte de Turckeim, toujours égale à elle-même. n'a eu de cesse, de se plonger, à travers ses rôles, ses one man shows ou ses films de réalisatrice  dans le milieu de l’aristocratie pour s'en moquer et nous faire rire.

 Ici, il était évident que pour le nouveau film d'Isabelle Doval ( compagne de José Garcia et cinéaste de Rires et chatiment)  le rôle de la comtesse soit  tenu  par  Charlotte de Turkheim, en personne, qui manie bien  la langue et les coutumes  de son milieu

La rencontre des deux mondes que tout oppose (l'origine, l'éducation, le niveau social), est un sujet vieux comme le cinéma et si le film n'est jamais vraiment surprenant le décalage donne parfois lieu à des séquences drôles qui peuvent faire (sour)rire et gentiment décalées et même certaines scènes où la tendresse affleure au détour d'un dialogue ou d'un jeu de regard.

Et les nombreuses leçons véhiculées par la comtesse, on pense à celle sur la façon de marcher, permettent de mesurer l'écart que l'éducation peut donner.

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Charlotte de Turckeim est parfaite en aristocrate un peu dépassée par les événements et pour lui donner la réplique  Amir El Kacem est  vraiment convaincant en jeune de banlieue plus fin que ce qu'il parait.

Dommage qu'un certain nombre de clichés sur la bourgeoisie ou sur la vie à la cité ne nous est pas épargne et que les personnages secondaires restent vraiment caricaturaux.

L'ensemble  reste un honnête divertissement du samedi soir mais il manque un peu de finesse et de folie pour véritablement s'éclater.

Sortie le 26 septembre en DVD et VOD.

 Abdel et la Comtesse, d’Isabelle Doval, avec Charlotte de Turckheim et Amir El Kacem.

 

 Suppléments : 

- Interviews : rencontres avec les comédients et la réalisatrice

3. Comme des rois, Xabi Mollia ( France Televisions Distribution,le 12/09)

 

3660485995146_0Comme des rois est le  troisième long métrage de Xabi Molia (8 fois debout, Les Conquérants) .

  Xabi Molia fait partie de ces réalisateurs qui affectionne tout particulièrement les anti-héros et le prouve formidablement bien avec cette très réussie comédie sociale capable de maintenir en permanence l'équilibre préciare entre gravité et humour.

On sait que Molia est aussi un romancier et cela se ressent à la façon dont le film est écrit, par petites touches, tout en réussissant à allier en un seul élan réalisme social (la difficulté  des conditions de vie d’une certaine catégorie de la population de la société française contemporaine n'est pas occultée) et chronique familiale tendre et drôle.

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Cette  famille éprouve quelques difficultés financières manifestes, certes un peu dissimulée  par l’optimisme un peu forcé d’un père de famille (un Kad Merad qu'on avait rarement vu aussi bon, à cheval entre la noirceur et la légereté dans une palette de couleurs qu'il ne donnait pas il y a dizaine d'années ) qui, cherche à gruger  tout son monde avec son statut  d'arnaqueur ou d'escroc de faible envergure.

Cette intrigue tissée autour de ces pied nickelés qui sont de vrais losers forcément sympathique   fait penser pas mal  à l'age d'or de la comédie italienne, celle de Monicelli, de Risi , de Scola et touche profondément, malgré (ou grâce à ) son coté mezza voce et humble.

Kad Merad forme avec Kacey Mottet Klein , vu dernièrement dans 'Vent du nord,' où il devait déjà s'accomoder d'un père un peu paumé avec Philippe Rebot ) un duo touchant qui emmène le film  parfois vers plus de mélancolie et de gravité qu'attendue.

 

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 Molia parvient parfaitement à trouver le bel équilibre entre rires et larmes avec des personnages de bras cassés qu'on n'arrive pas à detester malgré leurs mauvais choix et des réactions parfois à la limite de la bien pensance et la bienséance. 

Alternant entre plusieurs tonalités différentes (parfois douces-amères, parfois burlesques), "Comme des rois" réussit largement  à nous faire aimer des personnages pourtant assez méprisables sur le papier, et c'est tout le grand mérite de cette belle réussite du cinéma français.

COMME DES ROIS Bande Annonce

PAS DE SUPPLEMENT