cali ferre « Me voilà face à la montagne. Au pied de l'Everest. Ferré. J'ai choisi un chemin, mille se présentaient à moi. Alors j'ai choisi des chansons entendues sur le tourne-disque de mon papa. Je n'étais qu'un enfant. Je ne comprenais pas tout non, mais je devinais déjà. C'était fou. Comme le mot Liberté »

Ce vendredi 5 octobre, "Cali chante Léo Ferré"  sort enfin dans les bacs : en voilà un  projet casse gueule sur le papier mais qui s’avère vraiment des plus  réussi à l’écoute.

À l'aube des années 2000, j'avais  découvert avec un vrai enthousiasme Cali,  avec son épatant premier album avec des titres mémorables que  C’est quand le bonheur ? À  Pensons à l’avenir et Elle m’a dit, sa  plume, subtile et exaltée, à vrai dire, une nouvelle façon de décrire la violence des sentiments amoureux, et des passions qu'elles soient. 

Exalté et fiévreux, quoi de plus naturel finalement que de voir Cali s’attaquer cette année 2018 aux morceaux de Léo Ferré, maitre de la chanson française?

Et c'est peu de dire que grâce à son phrasé particulier et son style singulier,  Cali rend un vibrant hommage à Monsieur Ferré .

En Écoutant du Ferré, on  ne peut qu’être bouleversés par la façon dont cet amoureux de la langue française faisait ondoyer les mots sous sa plume, d'une façon proche du génie.

 Et l'homme, écorché vif, misanthrope au grand cœur, solitaire, mélancolique, révolté, tourmenté, et j'en passe, ne pouvait laisser indifférent ce grand exalté qu’est Cali..

 

 

Rempli de respect pour ce grand personnage de la chanson française, Cali ré-explore l'œuvre de Léo Ferré à travers les chansons qui ont bercées sa plus tendre enfance et celles qui l’ont aidé à traverser l’adolescence pour devenir l'homme qu'il est aujourd'hui.

Cali parvient tout au long du disque, à mettre son empreinte sur le répertoire du maître sans le dénaturer pour autant comme d’autres ont pu le faire en pareille circonstance.

Créer un laboratoire musical : c'est avec cette idée en tête que Cali a souhaité mettre en valeur les mélodies et la poésie sublime du "maître". Pour cela, il s’est entouré du grand Steve Nieve au piano (Elvis Costello, Alain Chamfort, David Bowie) et du jeune François Poggio à la guitare (Etienne Daho).

Cali a vraiment su mettre en valeur les textes du monstre Ferré :  la musique est  certes plus expérimentale qu’à l’accoutumée, mais le pari est réussi  avec des  orchestrations originales, modernes et d’autres plus intimistes et épurées, conférant une touche plus moderniste au répertoire du génie  monégasque.

Une belle fusion d’univers engagé, pour un  album de reprises tout en délicatesse et dépouillement tant on y retrouve le lyrisme de Ferré associé à la sensibilité de Cali.

 Cali propose son phrasé unique au service de textes magnifiques qu’il a brillamment remis au goût du jour : Thank you Satan ou  « Jolie môme«   ou les incontournables comme avec le temps pour le très beau " c’est extra" !!!

 

À noter que Cali sera en concert  pour défendre ce bel album notamment  le 16 novembre prochain au Théâtre Déjazet et le 7 novembre au Radiant de Caluire.