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 "Mauvaises herbes", qui est sorti mercredi dernier en salles, aura été très largement vu  lors d’avant-premières très précoces (depuis avril)  partout en France pendant lesquelles tout un chacun avait l’occasion de rencontrer Kheiron, chose que je n'ai pas manqué de faire en septembre dernier lorsqu'il est venu sur Montélimar présenter son film au festival de l'écrit à l'écran.

 Comme j'ai eu la chance de le lui dire dès le début de  de notre face à face,  j'avais un rapport  un peu particulier avec le premier film de Kheiron, "Nous trois ou rien", un film que je n'ai pas chroniqué, alors même que je l'avais adoré pour une  raison bien précise.

J'ai en effet vu le film le 13 novembre 2015, le jour même des attentats du Bataclan, et j'ai appris la nouvelle de la terrible tragédie en sortant de la salles, alors même que j'étais ressorti gonflé à bloc de ce film chargé d'espoir et d'humanité; des sentiments qui se sont malheureusement très vite évaporés une fois que j'ai allumé la TV pour constater l'ampleur des dégats .


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  Kheiron  n'y était bien sur pour rien, mais inconsciemment, j'ai du lui en vouloir de m'avoir fait croire en un monde meileur et d'avoir vu mes illusions se briser aussi rapidement.

Heureusement j'ai vu Mauvaises herbes - il y a un mois et demi, et depuis pas trop de mauvaises nouvelles sur le flot de l'actualité -ne m'ont pas gâché le plaisir que j'ai eu devant ce Mauvaises Herbes, qui creuse les mêmes sillons que ceux de "Nous trois ou rien".

Si l'émotion qui nous avait fait chavirer dans "Nous trois ou rien" n'est sans doute pas aussi  prégnante, qu'il n'évite pas toujours certaines facilités d'écriture,  Kheiron impose son style et s’inspire à nouveau de son vécu pour réaliser un long métrage à son image, un film profondément humain, drôle, qui prouve que les films pleins de bons sentiments peuvent aussi donner lieu à de grands films.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser en lisant le scénario, Kheiron  ne réalise pas un énième film cliché  sur les banlieues  car pour son premier long métrage Mauvaises Herbes s’inspire de sa propre histoire, et plus précisemment de la période  durant laquelle il a été éducateur dans le cadre d’un projet visant à aider les enfants et les jeunes adolescents à renouer avec l’école.

Parfaitement  légitime  pour aborder ce sujet, Kheiron  parle de lui à travers ce personnage de Wael, un ancien enfant des rues qui doit s'occuper de jeunes en plein échec scolaire, de sa soif de transmission et le film  assure un lien évident avec la seconde  partie de nous trois ou rien, principalement consacrée au social et à l’associatif.

Mauvaises-herbes-photo-6-e1542472223438Le film décline la citation de Victor Hugo  qu'il met en exergue  en début de son  long métrage « Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes, il n’y a que de mauvais cultivateurs. » 

Avec ce film qui dit de fort belles choses sur le système éducatif, le troisième âge,le harcelement et les secondes chances que l'on doit laisser à tout un chacun  éducation, "Mauvaises herbes" se regarde avec un immense plaisir sans s’ennuyer une seule seconde ce qui est bien rare pour une comédie grand public française.

Mauvaises herbes confirme que le roi de l’impro et du stand-up sait aussi parfaitement se couler dans un habit de réalisateurs de comédies  populaires intelligentes et créatives d'un excellent niveau à vérifier en salles dès ce weekend.