Les veuves- résumé :  Chicago, de nos jours, quatre femmes de voyous se retrouvent soudainement veuves après qu’un casse ait mal tourné. Veronica (Viola Davis) se retrouve menacée de mort par un candidat au poste de dirigeant de la 18ème circonscription et elle se met alors en tête d’effectuer le cambriolage prévu par son mari avant qu’il ne disparaisse. 

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On revient quelques jours avant de clôturer cette année 2018 sur un des derniers grands films de cette fin d'année : "Les veuves" était un des longs métrages les plus attendus de cette fin d'année cinéma 2018 puisqu'il s'agit  de la première réalisation de Steve McQueen depuis l'Oscar du meilleur film  avec son éblouissant 12 Years a Slave, périple aussi intense que douloureux de l'esclave Solomon Northup.

Cette intrigue de veuves de gangsters qui préparent un braquage semblait sur le papier assez étonnant au vu du reste de la filmographie tant on imaginait mal a priori l'auteur de Shame ou Hunger nous faire un remake d' océan eleven au féminin ( qui du reste avait été réalisé l'an passé par Gary Ross et c'était pas bon du tout).

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Mc Queen adapte au cinéma Les Veuves, une série télévisée britannique des années 80 dans laquelle les épouses de plusieurs criminels morts lors d’un braquage, se réunissent pour concrétiser le prochain casse de leurs défunts maris. 

  Et même si le film est sans doute plus formaté et moins ambitieux que ses précédentes oeuvres, il témoigne du savoir-faire incontestable  de Steve McQueen en termes  de conduite narratives  et surtout de maitrise de la mise en scène.

Loin de tout esprit de comédie d’action et  de tout décorum rocambolesque,  Steve McQueen s’attache au réalisme avant tout, pour dérouler un polar  particulièrement sombre, et prenant de bout en bout.

La présence de la talentueuse  romancière Gillian Flynn comme co-scénariste avec Steve McQueen est palpable, dans sa capacité à dessiner des personnages de femmes complexes qui échappent aux stéréotypes, ces femmes qui ont subi le joug de mâles dominants, qui se sont écrasées devant l’adversité, qui sont restées aveugles et qui ont décidé d’ouvrir les yeux, de dépasser leur condition de femme, d’aller au-delà des idées reçues.


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En terme d'écriture de personnage, c'est une réussite, d'autant plus impressionnante qu'elle passe par de petites touches, souvent implicites, ce qui tranche avec le cinéma hollywoodien qui préfère souvent le passage à la truelle. 

L'"intrigue troussée par Mc Queen et Flynn permettent d' aborder pas mal de questionnements avec une belle intelligence,  sous le prisme du film noir : le travail de deuil, l'émancipation de femmes du patriarcat, es  politiciens corrompus,  et la peinture d'un  Chicago rongée par les inégalités en tout genre. 

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La mise en scène particulièrement brillante de McQueen  montre surtout un Chicago comme un personnage aux multiples facettes.

Le casting est particulièrement solide : Viola Davis confirme sa présence hors-norme, et la méconnue Elizabeth Debicki  affirme une palette de jeu impressionnante en poupée blonde moins fragile qu'il n'y parait  et dans ce polar féministe, les hommes ne dépareillent pas, notamment Colin Farell, excellent en élu corrompu qui aimerait s'acheter une conduite et sortir de la tutelle de sa crapule de père .

Bref,  Steve McQueen change un peu de registre et cela lui va vraiment plutôt pas mal !!