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“Leto” nous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. Une époque où Saint-Petersbourg s’appelait Leningrad, où les concert de rock avaient lieu dans de minuscules salles dont les spectateurs sont surveillés par des commis de l’état zélés qui empêchent tous débordements.
Le débordement étant de se lever, de crier et de manifester sa joie. Bref à Leningrad dans les années 80 on doit écouter du Rock assis sagement en tapant discrètement du pied.
Et pourtant il existe une scène Punk underground hyper-active qui palpite et vibre clandestinement au son des enregistrement pirates de tout ce qui se fait à l’Ouest.
Faux, vrai biopic de Victor Tsoï, inconnu chez nous mais l’équivalent de Jim Morrisson  en Russie. Comédie musicale Hard, Punk et New wave ( très, très loin de Lalaland)  qui voit les tristes passagers d’un tram chanter du Taking Heads. “Leto” est aussi un reportage romantique et naturaliste sur une jeunesse russe vibrionnante dix ans avant l’ouverture à l’Ouest.
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Une bande son incroyable, Bowie, T.Rex, Lou Reed, le Velvet Undergroud, les Sex-Pistols, Blondie etc..., achetés, copiés et partagés sous le manteaux.
Un noir et blanc nostalgique, une mise en scène sage d’apparachiks qui tout à coup devient vraiment Punk et le regard goguenard d’ un observateur cynique commentant les moment musicaux surréalistes d’un:” cela n’a jamais existé”.
“Leto” est un objet cinématographique mélancolique, tendre et enthousiasmant mais aussi un sacré morceau d’histoire que les moins de vingt ans n’ont donc plus aucune excuse de ne pas connaitre.
Pour mémoire, la Russie se referme, Kirill Serebrennikov metteur en scène radical, gay assumé et militant est assigné à résidence depuis plus d’un an. Courir voir Leto devient un acte politique.

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*En russe leto veut dire l’été d’où mon objet, référence à la pop des négresses vertes mais aussi, peu-être le symbole de la future pérestroïka.