Le dernier film d'Olivier Assayas " Doubles Vies », satire acerbe de notre condition numérique, qui montre en quoi .la révolution numérique transforme les relations personnelles et le monde de l'édition, ne pouvait que toucher les blogueurs littéraires que nous sommes; la preuve de suite avec la chronique de Michel : 

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Drame bourgeois chez les bobos germanopratins :  Guillaume Canet éditeur bien installé refuse d’éditer le dernier roman de son vieil ami Vincent Macaine, auteur d’autofiction sur le déclin. Peut-être a-t-il compris que dans ce roman à clé  son épouse Juliette Binoche est la maitresse très délurée du héros.

Jolie introduction dans l’univers de l’édition, un milieu qui cultive l’entre-soi où l’on parle beaucoup, se ment un peu et où l’on se trompe sans arrêt.

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Ce pourrait être un marivaudage de plus chez les nantis mais  Olivier Assayas a d’autres choses à nous dire, il questionne notre époque. Un monde du tout numérique où bientôt l’objet livre n’existera plus, de l’importance des réseaux sociaux qui provoque  l’uberisation du monde de l’édition, alors la nostalgie pointe.
Né d'un projet ancien d'Olivier Assayas qui avait depuis longtemps l'idée d'un film sur un éditeur, "Doubles vies" s'est construit petit à petit comme "un film d'idées d'une certaine façon, qui évoque un peu le genre de dialogues, de discours, de doutes, de questionnements qu'on peut avoir autour de l'évolution du monde contemporain".

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La fin d’une époque, un entre-deux déstabilisant c’est peut-être pour cela que tout le monde couche aussi facilement avec tout le monde. Il y a du vaudeville dans “Doubles vies” mais du vaudeville bavard et drôle comme chez Rohmer.
Olivier Assayas pose un regard bienveillant sur des personnages qu’il serait facile de juger cyniques, vénaux ou arrogants. Binoche, Canet et Vincent Macaigne sont, comme d’habitude, excellents, mais mention spéciale à Nora Hamzawi formidablement touchante en femme trompée.
 Certes on  pourra arguer sur une mise en scène un poil discrète  alors qu'Assayas nous a souvent habitué à soigner sa réalisation ( pourquoi lorsqu'il s'agit de comédies, l'inventivité visuelle fait souvent défaut?, mais le  film très dialogué et très bien joué  nous fait passer un très bon moment et c'est assurément le principal.