Nous avons eu le privilège de voir en avant-première Arctic, le premier long-métrage de Joe Penna à l'UGC Défense et d'assister ensuite à une séance de questions-réponses avec Mads Mikkelsen (j'en tremble encore)...

Un film que vous pourrez contempler en salles dès ce mercredi 6 février, une semaine riche en grandes sorties cinéma.

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Entièrement porté par l'incroyable Mads Mikkelsen qui réalise là un tour de force exceptionnel, le film de survie Arctic a été tourné en conditions réelles.

Interrogé lors du dernier Festival de Cannes au cours duquel le film était présenté en sélection officielle mais hors compétition (séance de minuit), Mads Mikkelsen confiait : "Tout ce que vous voyez à l'écran est réel".

Et c'est ce qui rend ce film si intense, la prouesse de l'acteur principal si extraordinaire, et notre fascination devant sa prestation si grande.

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Un homme - dont on ne connaîtra jamais le nom - campé, vous l'aurez compris, par Mads Mikkelsen est seul, dans un paysage immaculé de neige, entâché seulement par la carcasse orange d'un avion dans laquelle il a élu domicile. Qui est-il ? Un touriste accidenté ? Un aventurier aguerri rescapé d'une exploration qui a mal tourné ? On ne le sait pas, et on ne le saura jamais. 

On ne sait pas très bien comment il est arrivé ici non plus, était-il à bord de cet avion ? Depuis combien de temps est-il livré à lui-même, ici ? Des signes nous montrent qu'il lutte depuis un moment pour sa survie : dans sa façon presque lasse de faire émerger les trois lettres d'un SOS en creusant la neige, presque mécanique de construire des repères avec des pierres noires, de pêcher, d'utiliser des outils qu'on ne trouverait même pas au rayon "Sports extrêmes" du Vieux Campeur. 

On atterrit in medias res dans son quotidien, dans des actions qui semblent devenues habituelles et qui relèvent de la véritable mission. En proie à une fatigue et une lassitude extrêmes, il veut tenir bon, ne pas perdre ses repères dans le temps et l'espace, en marquant de son couteau les jours qui passent, le parcours qu'il fait.

Il puise sa force dans l'espoir qu'on vienne un jour le chercher, de trouver une raison de continuer, de ne pas se laisser dépérir. Et il a raison de tenir bon, car un hélicoptère va s'écraser tout près de son campement, avec à son bord, une survivante (Maria Thelma Smaradottir) qu'il est bien décidé à sauver...

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Pour son premier long métrage, Joe Penna, alias Mystery Guitar Man (lui-même !) a fait fort en voulant intégrer dans son film les éléments les plus difficiles. Il a réussi à nous immerger tout entier dans le grand froid, à nous faire frissonner pour son personnage principal.

Quelle prouesse d'acteur que celle de Mads Mikkelsen ! Sa performance est absolument bluffante : on traverse avec lui ses épreuves, ses luttes quotidiennes contre les tempêtes, les dangers de la vie en Arctique. Le vent nous fouette le visage, à nous aussi. La glace nous transperce, la neige nous mord la peau, le froid ronge nos mains, nos pieds. La joie nous gagne quand il tombe sur un objet lui facilitant la vie. Ce qui nous bluffe aussi, ce sont les images qui, pendant tout le film, nous en mettent plein la vue. Chaque plan est d'une beauté à couper le souffle. La nature nous apparaît dans toute son hostile splendeur, dans toute sa cruauté, dans sa violence.  

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Après la projection, Mads Mikkelsen nous a fait rire en nous parlant de son partenaire le plus difficile sur le tournage (à savoir, l'ours polaire qui voulait le dévorer tout cru), nous a fait halluciner en nous disant qu'il n'avait pas été préparé pour le tournage car le personnage lui-même n'avait pas été préparé à une telle épreuve, que le tournage avait dû être écourté, nous a ému en nous faisant part de sa profonde fatigue à la fin du tournage - la scène finale révèle l'état de fatigue physique et moral dans lequel il était, aussi bien dans le film qu'en réalité.

En sortant de la projection, sur une esplanade de la Défense recouverte de neige, pris dans la (minie) tempête Gabriel, on avait l'impression d'être encore un peu dans l'ambiance...

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 Si vous aimez les films pleins d'actions et de rebondissements, les films bavards, passez votre chemin. Mais on vous avoue que ce serait dommage.

Arctic, Joe Penna, en salles le 6 février.