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 L'an dernier, le Cristal (trophée  supreme du festival d'Annecy 2018 ) avait récompensé le long métrage d'animation Funan, de Denis Do, seule coproduction française de la sélection.

Pour avoir vu le film à cette époque, ce fut amplement mérité tant le film, sorti mercredi en salles,  est aussi important que très réussi dans sa conception. .

L’histoire racontée dans Funan se déroule au Cambodge,directement après la prise de pouvoir desKhmers rouges le 17 avril 1975., au moment où un  état autocratique s’érige, dirigé par une entité qui se fait appeler « Angkar » (« l’organisation ») et met en place une révolution marquée par la violence et une « justice » pour le moins punitive et expéditive.

Funan, de Denis Do.

Certes, cette période de l'histoire  a déjà été  racontée au cinéma soit par Roland Joffé, avec la déchirure qui a triomphé aux oscars en 1984 ou bien évidemment dans un autre genre par  les films documentaires de Rithy Panh qui avec des films comme  L’Élimination, l'image manquante  Duch, le maître des forges de l’enfer, . était un peu le dépositaire absolue de la mémoire d'un peuple cambodgien qui a tant souffert.

 Le prisme de l'animation n'avait pas encore été utilisé sur ce sujet c'est ainsi que le jeune cinéaste  Denis Do en ait fait son premier long métrage, dont le projet remonte à ses années de formation et aurait pu prendre la forme d’un roman ou d’une bande dessinée.

Sa découverte des techniques d’animation à l’école des Gobelins l’a convaincu d’opter pour le dessin animé,et montre comme Valse avec Bachir ou le récent Wardi présenté aussi à Annecy que le cinéma d'animation peut montrer au jeune public des pages très douloureuses de l'histoire mondial sans volonté délibérer de choquer.

Funan, de Denis Do.

Ce film  raconte la quête d’une mère pour retrouver son fils lors de la dictature khmère dans les années 1970. L’histoire est par ailleurs fortement liée au vécu de sa propre mère durant cette période, ce qui contribue à en faire un film témoignage d’une époque et d’une Histoire que l’on aurait tendance à oublier.

Un film pudique, bouleversant et très personnel,.tant Denis Do s’attache avec Funan à montrer le quotidien de la population cambodgienne en plein cœur de la révolution khmère rouge à la fin des années 70.

Funan, c’est l’histoire d’une famille séparée par les armes, qui, avec courage et détermination, ne recule devant aucun risque afin d’être à nouveau réunie 

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Il y retrace avec délicatesse et beaucoup d’émotion contenue le combat vital d’une Cambodgienne et de son époux, séparés de leur fils de 4 ans au début de la révolution khmère rouge de 1975.
Cette femme, qui survivra avec son enfant à la déportation et aux travaux forcés, et qui s’exilera en France comme tant de ses compatriotes, n’est autre que la mère du réalisateur, né à Paris en 1985.

Le récit ancre profondément et avec une grande beauté la petite histoire dans la grande, à travers une mise en scène sobre et réaliste., malgré la cruauté intimiste pour rester au plus près de l’humain .

Jour de la journée des femmes,  il est important de parler de ce film qui met en valeur une  héroïne digne et forte, comme tous les personnages féminins du film des personnages , qu’on aimerait voir plus souvent à l’écran.

 Et j'avais eu l'immense plaisir d'interviewer le cinéaste Denois Do et l'actrice Berenice Bejo qui fait la voix de la mère à Annecu, je vous en reparle prochainement :  

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