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Même si le cinéma français s'y met de plus en plus (le grand bain ou les invisibles sont les exemples les plus porteurs), le cinéma d'outre manche n'a pas son pareil pour tisser des chroniques sociales sur des hommes et des femmes qui tentent de survivre envers et contre toutes les périples de la vie.

Ainsi,  le réalisateur irlandais Paddy Breathnach (qui étrangement s'était pas mal essayé au film d'horreur il y a quelques années) a voulu avec "Rosie Davis", sorti ce mercredi 13 au cinéma prendre sa caméra pour décrire  la lutte permanente d’une famille pour réussir à se loger au quotidien et tenter de sortir de la galère dans laquelle ils ont été plongés .

L'Iralnde est sans doute le pays d'Europe où la crise du logement est la plus prégnante ( un carton explicatif en début du film nous lexplique ce phénomène), mais le cinéaste irlandais n'a pas cherché à faire un film à thèse, mais au contraire, rester au plus près de l'humain en suivant sur moins de 48 heures une famille qui se retrouve à la rue après que leur propriétaire a voulu vendre  la maison et les a mis dehors.

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Caméra à l'épaule, Paddy Breathnach ne lâche pas d'une semelle Rosie et ses 4 enfants, alors que son mari, qui travaille comme cuistot les rejoint le soir une fois que Rosie a réussi (ou pas, c'est un des enjeux de ce film) à trouver une solution d'hébergement forcément temporaire proposé par les services municipaux. 

Rosie Davis est donc un  drame social à caractère réaliste, mais qui évite la naturalisme misérabiliste un peu plombant car toujours attaché à l'humain et particulièrement soigné dans sa mise en forme ( jolie musique originale qui accompagne le récit sans en rajouter).

On ne peut que les aimer, ces Davies, qui restent solidaires et unis dans l'adversité, et surtout cette maman courage (formidable Sasha Greene) mais qui ne baisse jamais les bras, et pour qui l'empathie est évidente et immédiate .

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Un portrait épuré et digne,entre cruauté (une scène humiliante à l'école) et bienveillance notamment dans les relations parents/enfants qui touche à l'universel (cette situation pourrait parfaitement nous arriver) d'une famille volontaire qui voudrait échapper à la résignation que leur situation leur impose et une eouvre simple qui soulève l'indignation..

Un des tours de force de ce beau "Rosie Davis" à ne pas rater dès aujourd'hui en salles.