Brian De Palma, auteur avec son épouse Susan Lehman de Les serpents sont-ils nécessaires ? chez Rivages mais aussi grand réalisateur, producteur et scénariste américain (Scarface, Mission Impossible, Les Incorruptibles et le splendide l'Impasse ...) est un des invités vedette de Quais du Polar qui a codepalmammencé hier. et dont on vous rabat les oreilles tous les jours depuis un mois. 

Hier après midi, nous avons pu assister à une rencontre  exceptionnelle avec le cinéaste qui s'y est montré particulièrement drôle et alerte .

Un échange passionnant et passionné  autour de diverses thématiques,  écritures romanesque et cinématographique, de la création à quatre mains, de la place de la communication et des médias  dans la vie politique, et de l’Amérique sous Donald Trump. 

On a également eu l'occasion de découvrir son premier essai littéraire Les serpents sont-ils nécessaires ?, mais là on est obligés d'avouer que  les choses se sont un peu gâtés  comme Michel nous le dit de suite :

 

«  Lee Rogers est inquiet. Très inquiet. Vous le seriez vous aussi si la jeune stagiaire avec qui vous couchiez avait disparu et si sa mère hystérique était assise en face de vous dans votre salon. »9782743643973
Le non-style littéraire peut-il être un style littéraire? 
Est-ce que le non style est il un style en soi? Vaste(s) question(s) que l'on se pose tout le long de la lecture de ce.”Les serpents sont-ils nécessaire ,“ le "roman"  écrit à quatre mains par Monsieur De Palma et son honorable épouse.
C'est est peut-être un embryon de scénario d’un film qui pourrait-être intéressant mais une chose nous apparait certaine : ce n’est pas de la littérature...
Reconnaissons que tout cela est plutôt sympa à lire, rapide aussi, ce qui est un avantage lorsqu'on a 150 bouquins qui nous attendent dans notre PAL, et surtout l'on y retrouve  bien évidemment toutes les grandes  obsessions de Brian De Palma: le pouvoir et l’argent qui corrompt, les femmes  maltraitées, trahies qui se vengent ou sont sacrifiée, les hommes politiques corrompus et prêts à tout...
Bref,  De Palma le moraliste is back, ..mais bon tout cela n’est pas très original non plus, et surtout pour répondre à notre question posée plus haut, ce "non style" peut sans doute fonctionner  sur le style " roman noir en prise de note, mais cela doit être à notre humble avis, en correspondance avec le sujet et ne doit pas apparaitre comme une facilité de rédaction..
On se souvient que Gilles Perraud dans  "Le dossier 51" utilisait à dessein la technique de fiches de notes et de comptes rendus pour exprimer la deshumanisation du héros face au monde des Renseignements généraux..
On sait gré à De Palma d'avoir tous les talents du monde, mais on doute un peu qu'il ait eu cette ambition avec ces serpents pour le coup pas nécessaires du tout ..
 
 Cette petite incartadable littéraire un peu malheureuse (mais pas de quoi crier au scandale non plus, on est tellement indulgents à baz'art)  ne nous gâchera absolument pas le plaisir de voir arriver sur Lyon l'immense Brian De Palma, le réalisateur culte de mon adolescence.

De Palma, ma madeleine en triacétate de cellulose. Brian De Palma et mes premières émotions vives de cinéma. Sisi Spaceck sous la douche et du sang. Margot Kidder, sa sœur jumelle et un très grand couteau.

William Finley  et une presse à disques vinyles. Geneviève Bujold  dans la Galerie des Offices de Florence. « Vertigo », « Psychose », « Fenêtre sur cour » .

palama

Brian De Palma qui m’a appris à revoir Hitchcock d’un œil expert.  Brian De Palma et de brillants Split screems. Brian De palma, ses plans séquences infinis et ses gracieux panoramiques circulaires.

Brian De Palma et des scènes d’actions étirées et chorégraphiées par une élégante Steadicam. Brian De Palma et ses montages rapides et heurtés pour de folles ellipses scénaristiques, la plus rapide et réussie évasion de Sing Sing, trente secondes chrono.

Brian De Palma et la mort dans l’ascenseur. Brian De palma et le cultissime Tony Montana. Philadelphie, Chicago, New York et  Brian De Palma qui filme ces gares comme personne, les cheminots du monde entier lui ont même pardonné le TGV sans pantographe de « Mission Impossible ». Brian De Palma et Tom Cruise suspendu.

 

impasse

Et peut être  srutout Brian De Palma   réalisateur de son grand ( et ultime?) chef d'oeuvre, Carlito's Way film de gangster filmé comme une véritable tragédie, qui nous plonge dans la destinée à la fois passionnante et terrible d'un homme - Al Pacino qui n'a sans doute jamais été meilleur- en quête d'un trop tardif et rattrapé par son douloureux  passé ...

Un chef d'oeuvre parfaitement structuré et riche en émotions  dont la vision nous fera pardonner tous les serpents nécessaires du monde... .

 

Brian De Palma interview (1992)