Petit coup de projecteur  en ce samedi matin sur 3 DVD récemment sortis, (ou qui va très prochainement sortir pour le premier d'entre eux ) avec trois genres bien différents : un documentaire, une fiction anglaise et une série histoire sur le grill de nos critiques : 

1/ Libre- ( Jour 2 fête; sortie le 16 avril 

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Souvenez vous même si Cannes 2018 est déjà loin et qu'on parle plus que de l'édition 2019 : le  film Libre  avait été présenté  en  sélection officielle du 71ème Festival de Cannes, dans la catégorie "séance spéciale" .

"Libre", du réalisateur français Michel Toesca, raconte le combat de l’agriculteur emblématique de la vallée de la Roya, Cédric Herrou. 

Pendant trois ans, le réalisateur Michel Toesca a suivi l ’emblématique agriculteur de la Roya Cédric Herrou dans son combat pour venir en aide aux migrants. 

C’est l'histoire du combat de Cédric Herrou et d’autres, pour l'accueil et la protection de migrants dans cette vallée.Mais au-delà de son personnage, le film est un témoignage sur le traitement de ces  hommes,qui arrivent sur notre territoire, de leurs histoires, de leurs parcours, de leurs aspirations..

 

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"S’il paraît parfois un poil ( trop?) militant et peut manquer de nuance , le film questionne l’organisation actuelle de l’accueil des migrants dans la zone particulière de la Roya dont les dysfonctionnements ont déjà été transmis publiquement aux politiques.

Le film brosse son portrait de personnage charismatique et habité par ses convictions, et réussit largement son pari initial: celui de bien nous transmettre les fondements de sa cause!

 

 

 Le DVD du documentaire 

Bonus :
Interview de Michel Toesca (réalisateur)
Interview de Cédric Herrou
Scènes coupées

 2/ Daphné Peter Mackie Burns  ( Blaq Out: sortie le 28 mars)  

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Daphné, premier long-métrage du réalisateur écossais Peter Mackie Burns, tourné dans le  strict prolongement de son  court-métrage Happy Birthday to Me ( réalisé quelques années plus tôt avec son coscénariste Nico Mensinga),  nous dresse le portrait  d'un personnage (qui porte le prénom du titre)  pas vraiment conventionnel, une trentenaire britannique célibataire mais qu'on pourrait un peu voir comme le miroir parfaitement inversé d'une Bridget Jones ( dont on a parlé il y a peu).

Jeune femme aussi forte  que vulnérable, vagument misantrophe, cynique, distante, qui rejette ses proches - sa mère notamment- mais peut faire parfois preuve aussi de  bonté et d'empathie en certaines occasions, Daphné s'avère être un personnage de cinéma très complexe, et en cela elle est vraiment éloignée des stéréotypes féminins  de la femme docile ou épouse compatissante habituellement véhiculés par  l'industie du cinéma.

On pense un peu à une  lointaine cousine du Sue perdue à Manhattan d'Amos Kollek  (en moins paumée quand même) ou plus près de nous- géographiquement et en terme d'année- de la Jeune femme de Léonor Seraille,  qui sondait aussi la quête de liberté conquise d'unejeune fille d'aujourd'hui qui sait appartenir à une génération de femmes libres contemporaines avec les avantages et les inconvévients de ce statut.

Notre Daphné est de ces filles qui ont une vie des moins rangées qui soient et cherche sa place dans la grande mégalopole londonnienne : une fois la nuit tombée, oscillant entre alcool, la drogue et rencontres sans vraiment lendemain, cette serveuse lettrée  court de boites de nuits en bars branchés.

Une fille d'aujourd'hui qui ne croit pas en l'amour ( ou feint de ne pas y croire?), boit, fume, couche et lit des grands auteurs..

Trentenaire paumée à l'humour grinçant, un peu misanthrope sur les bords, Daphné est assez insaissisable :    sous une carapace de fille a priori distante, déconnectée du monde et sans empathie,   teintée  de plus d'une belle pointe de cynisme,  elle n'en demure pas moins une jeune femme sensible, fine d'esprit, reflet de toute une génération.

Un personnage  singulier que d’ordinaire, particulièrement drôle et aussi agaçante qu'attachante.

10 bonnes raisons d'aller voir Daphné au cinéma

Le film se déroule dans un quartier de Londres pas très connu de France,  à savoir le quartier d'Elephant and Castle, au Sud de la ville, quartier métissé en pleine gentrification et le cinéaste film ce quartier avec réalisme mais non sans une certaine poésie urbaine,, appuyée par une BO particulièrement ecclectique et de bon aloi- mélange de rock, jazz,R & b)

Jolie étude psychologique et non édulcorée  d'un jeune femme qu'on suit du début à la fin (au risque de sacrifier certains personnages secondaires, écrits un peu moins finement)  dont on est ravis d'avoir fait la connaissance et d’avoir accompagnée pendant une heure trente.

 

Daphne Dir: Peter Mackie Burns @ The Bureau from Adam Scarth on Vimeo.

 3/ Miniaturiste ( Koba films/ 6 mars) 

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Miniaturiste de Jessie Burton
adapté en série par la BBC
 

Est sorti en DVD  l'adaptation du best-seller historique de Jessie Burton, Miniaturiste, un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Octobre 1686, Amsterdam.  Nella toute jeune femme de 18 ans frappe à la porte de la somptueuse demeure de son mari Johannes Brandt le plus riche marchand de la ville. Elle est accueillie par Marin sa belle-sœur  et deux domestiques. Le mariage a été célébré rapidement et la vie de Johannes est entourée de mystère, discret, toujours en voyage ou sur les docks, Nella, elle, n’en finit pas d’attendre son époux, surtout que la nuit de noce n’a pas encore eut lieu.


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Et cette maison de poupée, offerte pour tromper l’ennui, parait bien vivante et trop réelle. Quel secret la riche famille Brandt cache-t-elle ? Dans la grande cité, gare à celui ou celle qui enfreint la morale  et trouble l’ordre public,  la police religieuse veille. On ne rigole pas tous les jours à Amsterdam en 1686.

La série, qui respecte fidèlement le roman de  Jessie Burton nous prend par la main et nous entraine dans les ruelles d’Amsterdam au XVIIe siècle. Dans ce conte gothique très maitrisé, il est notamment question  de la condition des femmes, du racisme et de ce que l’on n’appelait pas encore homophobie.

En un hiver à Amsterdam, Nella va grandir trop vite et vieillir. Entre « Le parfum » et « Rebecca », « Miniaturiste » est une série  historique de très bonne tenue. jouée par une troupe de comédiens particulièrement investis., en tête de laquelle on notera la formidable interprétation de ANYA TAYLOR-JOY (Glass, Peaky Blinders).

 

 
Coffret DVD en vente le 6 mars
3 épisodes de 52 minutes