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Jeune Liégeoise pétillante et déjantée, Manon Lepomme, a réussi, depuis quelques années maintenant,  à se faire une belle  place dans le monde de l’humour belge, avant de conquérir la France depuis quelques mois .

Avec son dernier spectacle, "Non, je n'irai pas chez le psy",  dont on a parlé il y a quelques mois, elle continue d'écumer les scènes de Belgique, en Suisse et en France.

Manon se distingue largement de ses confrères et ses conseurs grâce à un ton et un humour assez décalés, qui aborde des sujets un peu passe partout sur le papier ( les régimes, les maisons de retraite le coup de foudre dans un bus, l'école ) mais avec une plume singulière  et  une energie particulièrement communicative.

 On l'avait rencontré le mois dernier, lors de sa venue à l'Espace gerson  à Lyon,  Manon Lepomme   jouera durant le OFF d’Avignon au Théâtre Le Paris, tous les jours à 15h.

 INTERVIEW DE MANON LEPOMME, POUR SON SPECTACLE " NON; je N'IRAIS PAS CHEZ LE PSY" M

 

Baz'art : Bonjour Manon, vous avez un point commun avec Anne Roumanoff, il parait que vous avez fait Sciences Politiques,  et vous avez un aussi avec Elodie Poux, vous avez été enseignante quelques années :  qu'est que vous a apporté ces expériences là,  concrètement dans   votre carrière artistique?

Manon Lepomme : En fait,  je veux être comédienne et faire rire  depuis que je suis toute petite,  j'adorais me donner  en spectacle  mais vous savez comment sont les parents, ils s'inquiétent pour leurs enfants et  voulaient que j’aie un vrai diplôme

Bref, j'ai ai suivi des cours de diction, de déclamation, d’art de la parole dans une académie et en parrallèle j'ai suivi en effet des  études en sciences politiques qui m'ont finalement pas mal servi notamment au niveau de ma culture générale  et certainement un sens de la réflexion et une distance que je n'aurais pas eu sans avoir fait  Sciences Politique.

Et comme vous le dites ( vous êtes parfaitement renseigné, limite, ca fait peur rires), j ’ai  également  enseigné trois ans l’anglais et le néerlandais. et je pense que grâce à ces années d'enseignement j'essaie d'être  très à l’écoute, très à l’affût,  c'est sans doute mon côté prof qui ressort un peu dans ces cas là ( rires) ... .

Baz'art: Vous l'affirmez en haut sur votre affiche là juste derrière nous, vous n’irez pas chez le psy , mais  en même temps, monter sur les planches, cela ne serait il pas pour vous comme  une forme de thérapie ?

 Manon Lepomme : Complètement, bien renseigné et lucide avec cela ( sourires : ) :  j'ai en effet pour l'habitude de dire aux gens en début de spectacle que je fais une sorte de t hérapie sur scène, avec les gens, par le rire, plutôt que me coucher sur un canapé à parler avec quelqu’un qui va me juger.

Là, je raconte ma vie , ça fait rire, les gens,   ça me fait du bien et ce n'est pas moi qui paie des parties concernées, que du positif, non? ( sourires) .

Baz'art : En quoi votre humour  pourrait être qualifié de   typiquement belge, et en quoi aussi  cet humour   plait tant au public français?

Manon Lepomme  :Je crois que ce qui plaît beaucoup, c'est un  côté  rentre dedans, on a tendance à y aller  à fond,  en Belgique , à ne  pas  prendre de gants,  vous savez c'est le côté absurde, surréaliste de la Belgique, Magritte, Poelvorde  et compagnie ..

Comme pas mal de mes compatriotes, je pense d'avoir le plus d'autodérision possible, la Belgique est un tout petit pays par rapport au reste de l'univers c'est normal de ne pas se prendre au sérieux, non? et personnellement,  je ne moque jamais des autres, je me moque surtout de moi-même, j'y veille en tout cas. 

Il ya quelques décennies, l'humour belge ne passait pas forcément les frontières, il était surement trop belge pour être compris de vous autres français, là, grace à François Damiens, Poelvorde, Alez Vikorek, Guillermo Guiz et tant d'autres, il ya une vraie hype sur l'humour belge, et de notré , côté, je pense qu' on arrive à être plus universel tout en conservant une partie de nos spéficitiés, et notamment notre accent et nos expressions, je sais que cela plait beaucoup au public français...

 

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Baz'art :  En quoi ce que vous racontez chaque soir sur scène est personnel et qu'est qui est inventé?

Manon Lepomme :Pratiquement tout ce que je raconte est vrai en fait, je n'invente quasiment rien. En fait,  J’ai écrit Je n’irai pas chez le psy ! avec un comédien liégeois que j'adore , Marc Andreini. 

Evidemment,  il  ya beaucoup de moi, mais bien sur, c'est aussi une construction en quelque sorte.

Il y a des thèmes de ma vie  que je voulais vraiment aborder comme par exemple ma gourmandise maladive ou bien alors, sujet plus sérieux ,la maladie d’Alzheimer de mes grands-parents que j’ai vu se dégrader mentalement.

J’avais envie d’en parler avec légèreté, sans se moquer, mais pour se dire que l'on peut aborder ces thématiques graves avec un peu plus de recul, et pour en avoir discuté avec le public ( belge français)  je pense que c'est cela qui plait surtout aux gens. La Manon que je joue sur scène possède une espèce  dualité dans sa  personnalité :  un côté tout doux, romantique et d’un coup il se passe quelque chose qui ne lui plaît pas et paf, elle devient un démon

.La Manon que je joue sur scène   est excessive, mais elle est surtout entière, tendre et angoissée , bref comme beaucoup d'entre nous en fait, non?

 Baz'art : Une des particularités de votre spectacle, c'est ce  merveilleux (pâtisserie bien connue en Belgique et dans le Nord )  qui est votre vrai compagnon de scène : avouez nous tout, il vous accompagne partout en tournée et vous n'êtes jamais écoeurée  ? 

Manon Lepomme :Oui, je   prends toujours un merveilleux avec moi  sur scène, j'en en ai même deux au cas où le premier se renverse,  et non jusqu'à présent, je n'ai pas réussi à être écoeuré, deux ans après le tout premier  soir..

Je l’ai même fait faire spécialement à un pâtissier  à Lyon, vous avez les merveilleux de Fredn c'est le top du top en la matière .

Le Merveilleux, c'est ma façon d'amener avec moi ou que j'aille une petite  partie du Nord  et encore une fois, je crois que tout le monde se reconnait dans cette touche gourmande, les gens viennent me dire qu'ils adorent cela...

Bon je ne suis pas encore écoeurée, mais il ne faudrait pas non plus que mon spectacle dure encore 5 ans car là ca pourrait quand même virer à l'indigestion cette affaire  ( rires)

Baz'art  : Selon vous, qu'est que le spectacle vivant peut apporter à nos sociétés actuelles?

 Manon Lepomme :Je pense que  le monde du spectacle vivant est primordial, surtout pour la jeune génération.

Je le vois avec le public qui vient me voir, c'est  quand même pas mal  de têtes blanches ( rires), alors que la jeune génération est très connectée, derrière son écran et il faut vraiment tenter de lui faire comprendre qu'un   spectacle vivant, ça ne vaudra jamais un DVD  ou une vidéo  you tube d'un spectacle.

Dans Je n’irai pas chez le psy !,  se  joue  quelque chose entre le comédien et le public qui ne se passera jamais devant une télévision ou un écran.

Si je peux faire passer un message aux lecteurs de baz'art, c'est celui ci..sortez au théâtre; voir des spetacles comiques, le mien si possible, mais pas qu'eux, l'offre est suffisamment large pour plaire à tout le monde !!

 

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