chien

« J’aurais pu intenter un procès à mon enfance, porter plainte contre les années 80. Pour m’avoir induit en erreur, m’avoir fait croire que tout ne basculerait pas, qu’on se méfierait de  la technologie, qu’on lirait toujours Aragon, Bukowski, Carson Mc Cullers, que quelqu’un comme Richard Russo serait un peu connu, que l’humanité ne deviendrait pas complètement débile, obsédée par l’argent, le foot, les marques, que nos pires cauchemars resteraient de l’ordre du phantasme. J’aurais dû, je suis sûr j’aurais touché des dommages et intérêts. »

Baptiste pourrait-être le héros d’un film de Woody Allen. Quadragénaire plaqué par sa fiancée qui lui a préféré un fringant dentiste, il traine son spleen en vérifiant la non-vente de son troisième roman sur Amazone. « Entrée dans l’hiver » caracole à la 475 758ème places.

Le mot Worst-Seller pourrait-être inventé pour lui. Baptiste occupe aussi quelques soirée à surveiller son ex-moitié qui vit le parfaite amour dans la villa d’une banlieue cossue puis retrouve le lit glacé de son studio de Colombes.

Dans cette vie minuscule et cotonneuse, Baptiste sombre lentement dans la dépression.

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Et puis un matin sa voisine, madame Halberstadt lui confie son chien Croquette pour quelques jours. Rien de tel qu’un bon gros Carlin pour retrouver goût à la vie.

Roman drôle et sympa mais pas que... Vrai « buddy dog novel ». Roman de notre époque qui réinvente avec fantaisie le héros velléitaire attachiant. Roman du quotidien qui sans en avoir l’air capte l’air du temps.

Une écriture douce et acide comme une chanson de Vincent Delerm et ce n’est pas Fanny Ardant qui me contredira.


Stéphane Carlier, Le Chien de Madame Halberstadtéditions Le Tripode.
176 pages, 15 euros, en librairie