Nombreux dans l'histoire du 7ème art sont les cinéastes méconnus ou trop sous-cotés, souvent oubliés, des rétrospectives et des hommages divers ..

L'actualité cinématographique, en salles et en vidéo en remettent deux de ces metteurs en scènes quelque peu oubliés,  en valeur; un italien, Pietro Germi avec son excellent "Divorce à l'italienne" et un français Pierre Granier Deferre avec son étonnant et libre Paris au mois d'août qui ressortent soit sur grand écran soit en DVD dans d'éblouissantes restauration en 4 K :

 

aff-divorce-à-litalienne-BD-2Pietro Germi est aujourd'hui un cinéaste un peu trop ignoré , à l'heure  des hommages  réguliers (et bien mérités) de l'âge d'or des grands satiristes du cinéma italien  ( on pense à Monicelli, Risi  ou Scola  notamment) .

Il faut dire qu'avant de se lancer dans ce genre tant apprécié par la critique et le grand public , avec ce 1/ "Divorce à l'italienne" , oscar du meilleur scénario 1962) qui ressort en salles mercredi prochain dans une très belle version restaurée 4 K, Germi était plus roué aux drames néoréaliste  Il Ferroviere – Le Disque rouge, ou chroniques  policières (Au nom de la loi) et que divorce à l'italienne est  son premier film résolument comique  qui lui ouvrira la voie à pas mal d'autres. Germi

Cette farce aussi mordante que drôle s'attaque au divorce dans l’Italie traditionaliste et cherche à savoir comment on peut  divorcer dans un pays où c'est illégal ?
C'est la question que se pose le baron Ferdinando Cefalù dit Fefè, (Mastroianni, alors au top de son charrme et de son extravagance) qui veut absolumer se séparer de sa femme laide et bête (la totale) pour se rapprocher de   sa pulpeuse cousine Angela, (Stefania Sandrelli.dans son tout premier rôle à touit juste 16 ans)
Pietro Germi livre une satire sociale aussi acide que pertinente, jonglant entre différents tons avec brio en nous immergeant dans la vie et la tête de ce baron et de ses  plans assez machiavéliques et des stratagèmes completement déments,   démontrant ainsi  l’absurdité des lois rétrogrades de l'époque .
Plein d’ironie et d’une modernité surprenante, truffé de séquences gaguesques assez incroyables, ce "Divorce à l'italienne" pose un regard subversif, et tout en dérision, sur notre condition préciare d'être humain; avec un Mastroianni qui joue de sa bonhommie et de sa célébrité alors au maximum pour faire accepter un personnage aussi grotesque que lâche.
Un sommet de la comédie satirique de moeurs à rattraper en salles dès ce mercredi ..

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Divorce à l'italienne / SORTIE en salles  LE 15 MAI / UN FILM DE PIETRO GERMI

Avec Marcello MASTROIANNI, Stefania SANDRELLI, Daniela ROCCA Italie, 1962, 1h44/ VERSION RESTAURÉE 4K

Blu-ray_Paris_au_mois_d_aoutContrairement à d’autres réalisateurs arrivés dans les années 1960), Pierre Granier-Deferre n’a pas fait partie de la "Nouvelle vague" et est resté un réalisateur   attachés à des films de facture plus "classique".

Et pourtant le réalisateur de grands succès du cinéma français tels que  "Le Chat",  La Veuve Couderc" ou  bien encore "Adieu Poulet",  a également tenté quelques longs métrages, sinon experimentaux du moins libres et étonnants dans le fond et dans la forme pas si éloignées que cela des ballades urbaines et poétiques d'un Godard ou d 'un Truffaut .

C'est le cas de  2/ Paris au mois d’Août , un film plus connu pour la chanson titre composée par son comédien principal Charles Aznavour.

Il faut dire que le film était invisible depuis sa sortie en 1966 jusqu'à sa sortie  dans la très belle collection de classique restaurée par Pathé.

 Habitée par la présence de Charles Aznavour et de la britannique Susan Hampshire (particulièrement charmante, et aux faux airs de Jean Seberg) , cette flânerie nocturnes et poétique, dans un Paris déserté à l’été 1966 , bercé par  une musique de Georges Garvarentz semble très proche de l'esprit Nouvelle Vague (on pense  évidemment à A bout de souffle  mais aussi au Feu Follet de Louis Malle) .

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Nos deux charmants protagonistes se ballade dans un Paris estival et un peu désert dans une parenthèse enchantée et nostalgique (on y trouve des cabines téléphoniques, et des cafés/ bars bien années 60) qui a conservé tout son charme et sa fraicheur, même plus de cinquante ans après sa création.

Une belle romance aussi délciate que tendre, drôle que mélancoliqueet une belle escapade éphémère, peuplée de personnages hauts en couleurs et de  passion contrariée, loin du train-train quotidien, puise sa beauté dans un décor urbain parfaitement filmé par un Pierre Granier Deferre qu'on aura connu plus classique dans son cinéma.

Une vraie rareté parfaitement remise au gout du jour par les éditions Pathé.

 Charles Aznavour - Paris au mois d'aout