Pour ce jeudi polar du mois de mai  on a eu envie de mettre en avant  trois auteurs écrivains de  très bons polars, qui viennent tout juste de sortir un dernier roman en poche : 

  1/ Trafiquants et associés, Sebastian Rotella ( 10/18)

traficants

On appelle les gangs comme celui qui a tué les migrantes à Tecate, des « gangs de dépouilleurs ». Ils n’ont même pas la discipline et le courage nécessaires pour faire du trafic de drogue, de migrants ou de contrebande. Ils se contentent de dépouiller ceux qui le font, tuant et violant à leur guise. Dans le domaine de l’économie « légitime », le Blake Acquisitions Group est un prédateur, un véritable gang de dépouilleurs. »

  Un terrible assassinat de migrantes africaines à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, seuls trois survivants, le passeur et deux jeunes femmes terrorisées. Pourquoi un important groupe financier américain et sans scrupule (pléonasme ?) serait impliqué dans ce massacre ?

Narcos, esclaves, armes, prostituées, trafics en tout genre entre l’Europe, l’Afrique, l’Amérique. De Tijuana à Lampedusa, de Naples aux banlieues désertiques de Los Angeles, lorsque des commandos guatémaltèques et mexicains qui travaillent habituellement pour des narcotrafiquants se mettent au service de la haute finance : on peut dire qu’il y a quelque chose de défintitivement  pourri dans nos vieilles démocraties.

 Heureusement Valentin Pescatore, qui nous avait surpris mais aussi attendri dans « Le chant du converti », d’heureuse mémoire, est de retour.

Bien sûr, lui et son camarade, le journaliste mexicain Leo Mendez, vont en prendre plein la gueule, et la devise américaine : « Justice pour tous » n’ira pas sans sacrifice. Good luck Valentin.

«  Cela vous surprend ? Depuis quand les grands industriels américains vont-ils en prison ? »

Sacré bon polar, fort, haletant et bien documenté. Sebastian Rotella est grand reporter spécialisé dans le terrorisme international, le crime organisé et la police au frontière, autant dire qu’il connait son sujet.

C’est donc sans esbroufe mais avec didactisme et efficacité qu’il entraine le lecteur dans la corruption en col blanc de la haute finance et comme il a des lettres, Rotella cite Alexandre Dumas, John Steinbeck et Herman Melville, cinéphile il revisite François Truffaut et Raoul Walsh. « Trafiquants et associés » est un vrai plaisir de lecture, intelligent et instructif.

 2/ Salut A toi, ô mon frère; Marin Ledun ( J'ai Lu)

 "salut a toiAnéantie, j'en lâche le magazine porno. Tous les protagonistes masculins de cette tragédie suivent sa courbe descendante jusque sur le paillasson, avant que le chien se jette dessus, langue pendante et queue haute, et disparaisse dans les profondeurs abyssales de sa niche pour se vautrer dans le stupre. Les hommes, tous les mêmes !"

Marin Ledun est un auteur de polars atypiques qu'on suit depuis le tout début du blog  La Guerre des vanités,et dont on suit pratiquement toutes les parutions: du polar noir et brutal comme on aime.

Alors, pour ceux qui comme nous, connaissent  pas mal comme nous l'univers de Marin Ledun  on ne le voyait pas forcément du coté de  la comédie à la Daniel Pennac ou Jean Baptiste Pouy, ,ou si on on veut des exemples moins littéraires, à l'age d'or du cinéma des années 70, versant italienne..

Dans Salut à toi ô mon frère, si son  intrigue plantée à Tournon (comme la guerre des vanités, normal vu que le romancier connait très bien l'Ardèche) –Marin Ledun tente la comédie socialo-policière qui lorgne énormément du coté de la saga Malaussène  avec une  famille  bien barrée et déglinguée comme il faut!

Au fil des péripéties bien fantastiques de cette famille Mabille-Pons, chantre du non-conformisme,  on a pas mal de tendresse et l'humour, et comme on ne se refait pas totalement un regard bien aiguisé sur société.

L'absurde de certaines situations et  n'empechent pas la chronique sociale et une belle diatribe en règle contre le racisme l'intélorance et les extremismes en tous genre, ce qu'il fait avec un sens  de l'a propos et de la formule qui décoiffe pas mal « - Un papillon, c'est jamais qu'une mite qui aurait pris de l'acide. »

 Une comédie policière mordante et décapante, qui prouve que Marin Ledun manie vraiment tous les genres!!

3/ Plus jamais seul; Caryl Ferey( Folio) 

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"Zoé échappa à ses serres pour rejoindre l'homme qui l'attendait sur le parking.Mc cash ne songea plus à la retenir . Un ange noir passa dans le ciel: Angélique.. Angélique morte"

Tous les amateurs de polars ne jurent que par lui ou presque : Caryl Ferey, auteur de romans policiers se déroulant  dans des pays éloignés et gangrénés par la violence, nous avait notamment livré son chef d’œuvre "Zulu",  d'une force et d'une puissance incroyable à l'image de ce pays particulièrement trouble est fascina que représente  l'Afrique du Sud mais avait séduit avait sans virée dans  .l’Argentine pour “Mapuche“ et le Chili pour “Condor“.

Ici, il reste un peu plus modeste en reprenant son  personnage de Mc Cash apparu  dans “ ses premiers polars avant Zulu soit  Plutôt crever” (2002) et “La jambe gauche de Joe Strummer” (2007).


Le parcours du quinquagénaire Mc Cash a toujours été chaotique. Né d’une mère Bretonne et d’un père Irlandais, il a grandi dans la violence à Belfast. C’est ainsi que Mc Cash est devenu borgne. S’installant en France à l’âge adulte, il devint policier.

Un anti héros, rugueux, un peu barré,  mu par un sens de la justice et de l'injustice profondément ancré au fond de lui. Au début de cette troisième aventure, usé par les douleurs dues à son infirmité, il est confronté à la mort de son meilleur ami, Marco, un peu inexpliquée pour que ça ne cache pas quelque chose.

Marco appartenait à une riche famille, était avocat, mais sa véritable nature, c’était de bourlinguer sur les mers à la voile, vrai aventurier dans l’âme. Mc Cash se lance dans une enquête à haut risque qui le mène du port de Brest à la Grèce, au cœur d'un trafic révoltant. Il va falloir alors  ouvrir l'œil, et le bon.

Radiographie  d’un monde violent et sans consession , où le suspense est parois mêlé de , de politique ou d’économie,  "Plus jamais seul"  ne déroge pas à la règle des autres polars de Ferey.

Un polar explosif, dynamique,  certes, on comprend l'intrigue assez  rapidement,  et les personnages sont un poil stéréotypés,  mais c'est un  polar plutôt bien ficelé, qui nous fait passer un bon moment