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 prés "Head on"  et "De l'autre Côté",   deux oeuvres superbes de puissance et de beauté ,   on avait eu tendance à considérer l'allemand d'origine turque Faith Akin comme un cinéaste particulièrement prometteur, promesses progressivement éteintes par des oeuvres en demi teintes qu'il nous a livré au cours de la dernière décennies, d'un europudging  indigeste comme "The Cut" à un revenge movie assez bébête du style In The Fade (pourtant présenté très étrangement en compétition à Cannes en 2016).

Si avec GOLDEN GLOVE.,  en compétition cette année à Berlin et vu pour notre part au festival du film policier de  Beaune en séance spéciale, Fatih Akin est loin d'avoir fait  une nouvelle fois l'unanimité,  et a même provoqué quelques réactions de rejet très violentes, on peut dire quand même qu'il revient enfin en force avec une oeuvre qui à défaut de convaincre tout à fait frappe par son propos et son traitement, âpre et sans concession aucune.

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 Le "Golden Glove"  du titre en question c'est celui d'un bar rempli de vieux alcooliques misérablesdans le quartier Sankt Pauli de Hambourg. 

Un lieu vraiment particulier que Fritz Honka, looser alcoolique, fréquentait régulièrement et venait y repérer ses futures proies des prostituées mal en point   puisque Honka " le héros" du nouveau film d'Akin était un tueur en série qui aura effrayé l'Allemagne du début des années 1970 et assassiné de façon totalement barbare quatre prostituées  entre 1971 et 1975.

Akin nous met ansi dans les traces de ce tueur en série aussi glauque que terrifiant, et jamais il ne va chercher à le glorifier ou l'humaniser, s'attachant à le montrer de façon aussi  moche  et terrifiant qu'il pouvait l'être.

Bref, ce Golden Gloves ne cherche pas à séduire le spectateur, à rendre esthétique l'horreur et la violence ( on n'est pas chez Tarantino ou Scorsese) et ce  parti pris pourra largement rebuter.

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>Il est en effet impossible d'éprouver une quelconque empathie pour ce monstre écervelé, mais en même temps, il y a un coté assez fascinant dans la façon dont le réalisateur allemand-turc nous décrit ce microcosme que formait le Golden Glove,  où se retrouvait en quelque sorte la lie de l’humanité, avec leurs gueules rabougries, fracasées par le temps et les ravages de l’alcool , à grands coups de shots et de pintes est aussi singulier que mordant.

La dimension délibérement  "Affreux, sale et méchant "du film  confère une dimension de farce bouffonne au film, dont l'humour (très) noir permet de temps en temps de sourire un peu devant l'énormité de ce qui nous est montré.

Le film,  qui sait pleinement distiller le malaise , reste poisseux et malaisant, sentiment renforcé par la prestation incroyable du méconnu ( chez nous en tout cas)  Jonas Dassler 

Celui ci, dans le rôle de Honka, avec ses prothèses, son maquillage outrancier  et sa démarche incroyable,  joue un Honka, prisonnier de ses  plus vils instincts, et la caméra d'Akin s'attache à suivre la routine particulièrement pathétique de cet homme qui ne l'est pas moins.

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  Fatih Akin utilise des procédés de mise en scène extrêmes pour filmer l'horreur, utilisant souvent le  hors champ, ou faisant durer le plus possibles les  plan fixe, conférant à sa mise en scène une dimension  anxiogène  et étouffante qui en déconcertera plus d’un.

Sondant les tréfonds de l'âme humain les plus bas, Golden Glove est réussie en tant que  proposition de cinéma qui va au bout de son projet, mais ce n'est pas en sortant de cette projection qu'on aura un peu d'espoir et d'optimisme en l'être humain.

Golden Glove - Bande-annonce officielle HD

GOLDEN GLOVE au cinéma ce mercredi 26 juin 2019