Soirée du 7 juillet 2019 : MizikOpéyi/ Kassav/ Calypso Rose 

 

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   Sans vouloir paraître insultants à quiconque, on peut dire que les doyens de la scène des îles Caraïbes étaient bien représentés ce dimanche 7 juillet 2019 sur la magnifique scène du Théâtre Antique de Vienne, à l'occasion d'une nouvelle soirée "Jazz à Vienne" haute en couleur.

Entre Calypso Rose, qui a quand même quasiment 50 années de carrière au compteur (vous constaterez qu'on  est quand même courtois à Baz'art, on ne fait pas état de l'âge de la diva de Trinidad et Tobago) et les membres du groupe Kassav, qui ont célébré  en 2017 leur 40 ans d'existence, dire que l'expérience régnait sur les hauteurs de la cité gallo- romaine est un doux euphémisme ....

Et même si le troisième groupe invité , le collectif MizikOpéyi n'a vu le jour qu'en 2006, on ne peut pas dire non plus qu'on avait affaire non plus aux perdreaux de l'année.

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Mais  cette grande longévité musicale ne signifie pas pour autant absence d'énergie et vitalité en dedans, bien au contraire.

En effet, les trois artistes invités sur scène nous ont offert un vrai tourbillon de musiques qui ne s'est terminé que vers les une heure du matin .

Un tourbillon qui a  enflammé  un public  viennois,  certes un peu conquis d'avance et qui n'avait visiblement qu'une seule envie : se déhancher sur les rythmes ensoleillés et chaloupés du zouk et du calypso offerts par les maitres de la discipline. 

 

   1ere partie : MizikOpéyi

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Créé et dirigé dès 2006 par Tony Chasseur (chanteur et chef d’orchestre) et Thierry Vaton (piano, direction musicale), Mizikopéyi propose un mélange de rythmes traditionnels et populaires des Antilles et de mélodies afro-caribéennes avec des arrangements jazz.

On a pu voir pendant une heure un bel inventaire du  jazz créole, un mélange de rythmes traditionnels antillais et de mélodies afro caribéennes sur des arrangements de jazz.

Copieusement doté de dix sept musiciens, le Créole Big Band vogue sous les vents de douze cuivres, dans la grande tradition des big bands de la Nouvelle-Orléans.

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Déjà quatre disques à l’actif de ce groupe  insulaire, qui n'hésite pas à puiser dans le répertoire créole, des Antilles, d’Haïti et de l’océan indien , qu’ils ont transposé pour l'écrin d'un big band de jazz.

Le collectif, qui a même repris quelques standarts de la chanson française comme le "Cécile ma fille"  de Nougaro,  avait eu le bon goût d'inviter  à Vienne un pianiste majeur,  Alain Jean-Marie,  star en Guadeloupe, son île de naissance,  pour un tour de chant aussi élégant que plein de swing. 

 

 

  2ème partie : Calypso Rose

Elle a beau arriver sur scène aidée par des tierces personnes,  il suffit de quelques instants pour nous rendre compte que notre Calypso Rose possède toujours cette grinta terrible, qui apporta un vrai vent de fraîcheur sur la scène du festival Jazz à Vienne.

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La star de la chanson  caribéenne, héroïne que la vie n'a pas épargné, mais qui chante la vie comme un combat permanent, a donné dimanche soir une leçon de vie à l'ensemble du public du  si majestueux Théâtre Antique.

Les principales caractéristiques du calypso sont son rythme et sa vitalité., et l'on peut dire que la générosité et  le caractère  de la diva ont fait mouche dimanche soir, la grande Calypso Rose  n'hésitant pas à se lancer dans des pas de danses osant même un  twerk à un moment de la soirée .

 

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Se prévalant d'une oeuvre comprenant une vingtaine d’albums entre 1969 et aujourd’hui, puis le succès international avec Far From Home (2016), Calypso Rose est venue dimanche soir présenter  son dernier album  "Calypso Blue", consacré à des reprises de ceux qui ont accompagné son parcours : The Melodians, Nat King Cole, Aretha Franklin ou encore Angélique Kidjo.

 

 

Mais "mamie " Calypso n'aura pas oublié de nous livrer des morceaux plus contemporains comme le très entrainant  Leave me alone  (sans Manu Chao à la baguette hélas) ou le tube qui l'aura fait connaitre au monde entier, Calypso Queen,.

La diva n'aura pas manqué non plus d'entrecouper certains de ses titres par des long passages parlés, instructifs et didactiques sur l'histoire de l'esclavage ou bien encore le sort réservé aux femmes émigrées des Caraïbes vers New York.Bref,  « Reine du calypso »  a assuré grave dimanche soir  à Vienne !!

 

 

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 Dernière partie  : Kassav

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Il était plus de 23h30  quand  Kassav est  venu clore cette folle soirée caribéenne.

On peut dire que  la  signature de Kassav’ s’est affirmée pour devenir aujourd’hui reconnaissable et identifiable  :  la  formation guadeloupéenne a en effet inventé ce zouk dans lequel toutes les influences caribéennes se mêlent au makossa africain, au funk et au rock pour donner l’un des cocktails les plus dynamisants de la planète.

L’histoire de Kassav commence en 1979 lorsque Pierre-Édouard Décimus décide avec Freddy Marshall de moderniser la musique « racine » du carnaval antillais, associant alors les influences salsa ou reggae et le son rock des 70’s aux rythmes de la biguine et du kadans dominicain.

 

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Formé en 1979 à la Guadeloupe, le groupe Kassav, véritable créateur du style Zouk, a connu un succès international  indiscutable au fil des années.

Il peut être considéré comme un vrai  monument de la musique antillaise,  ce qu'il a admirablement prouvé dimanche soir au cours d'une heure trente d'un concert aussi festif que punchy en diable, devant un public particulièrement déchainé, malgré l'heure plus que tardive.

 

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 Le formidable groupe de zouk    @kassav a donné un concert emblématique à l'occasion de son 40ème anniversaire pour le plus grand plaisir des fans qui ont afflué @jazzavienne hier et n'ont pas manqué de chanter les mythiques tubes  "Syé bwa" ou Soleil ,  inconstestablement deux de leurs  grands succès, pic.twitter.com/PjiARYw9DB

 

Crédit photo : Nicolas POYET BAZ ART