pauvres georges

La cinéaste française Claire Devers avait marqué les années 80 /90 avec des films forts  et assez atypiques comme Chimères ou Max et Jérémie.

Etrangément,  elle avait disparu des radars depuis 2003 et un moyennement réussi, Les Marins perdus.

Pauvre Georges !  lui donne l'occasion de repasser par la case cinéma avec une nouvelle oeuvre ambitueuse et hors des sentiers balisés .

Adapté d’un roman de Paula Fox, Pauvres Georges emprunte la case du thriller psychologique bourgeois qui , à l'instar du Théorème de Pasolini ou du Funny Games de Haneke ou Dans la maison de François Ozon,  voit un édifice familial et social s'écrouler à l'irruption d'un élément extérieur, ici un jeune homme de 17 ans de milieu défavorisé qui s'incruste dans le quotidien d'un professeur de français - Gregory Gadebois installé depuis peu dans la campagne québécoise avec sa femme.

 Noah Parker (II) Grégory Gadebois dans \"Pauvre Georges !\" de Claire Devers 

Basculant sans cesse de la chronique sociale douce amère au thriller à la frontière de l'irrationnel, proche un peu de l'univers d'un canadien, David Cronenberg,  Pauvres Georges, surprend par ses audaces mais laisse finalement assez circonspect.

Le long métrage qui bénéficie d'une interprétation sans faille- Gadebois comme toujours mais aussi son complice de la comédie le jeu, Stéphane de Groodt dans un contre emploi étonnant ou Monia Chokri, révélée chez Dolan- et de dialogues particulièrement balancés souffre un peu à mi parcours et la réalisatrice semble avoir du mal à trouver le ton juste entre ses différents univers.

Avec une intrigue  un peu confuse dans son dénouement,  Pauvres Georges dont la première heure était vraiment savoureuse laisse un peu sur notre faim mais donne quand même envie d'avoir plus rapidement des nouvelles de l'iconoclaste Claire Devers