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En France, on ne connaissait pas l'histoire qui a défrayé la chronique aux USA  au début des années 1990 de la biographe Lee Israel, seule et endettée,  qui, devant le peu de succès que ses projets de biographies , va devoir  se résoudre  à rédiger de fausses lettres signées de grandes écrivains du XXème siècle, dont Dorothy Parker et Noël Coward, qu'elle  va ensuite revendre avec un vrai succès  à des librairies spécialisées., largement de quoi apurer ses dettes et faire soigner son chat malade..

C'est l'histoire que nous raconte l'excellent Les faussaires de Manhattan, sorti en plein milieu de cet été et qui mérite largement une plus grande visibilité.

Alors que le titre du film et la présence en haut de l'affiche de Melissa McCarthy  pouvait laisser  présager  une comédie un peu lourdaude ou pire encore un énième film d'arnaques  ou de braquages ( on avoue une certaine lassitude sur ce genre l),  le film  de Marielle Heller  (dont c'est le rpemier long à sortir en France) émeut profondément par la profonde mélancolie qui irrigue le film.

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 En effet, la grande qualité du film c'est qu'il est  avant tout le portrait d'une femme peu aimable qui ne  fait  pas  grand chose  pour se mettre à son avantage: négligée, délaissant l'hygiène, la sienne et celle de son appartement, vaguement misantrophe, ce qui colle mal avec le monde de l'édition tout à ses beux parleurs et ses faux semblants, Lee Miller est un personnage formidable et il est assez rare que le cinéma américain montre aussi bein la solitude et la desepérance d'un de ses personnages centraux .

Usant de ses talents de dactylographe, l'écrivaine jusque là respectueuse des lois va vite se prendre au jeu, imitant à la perfection  la prose de ses auteurs préférés en pure virtuose, toujours plus inventive, jusqu'à jouer avec le feu. 

Elle va vite être aidée dans son entreprises par Jack Hock (qui n'est pas vraiment un faussaire contrairement à ce que le titre laisse entendre)   joué avec une vraie délectation  par le britannique Richard E. Grant, partenaire haut en couleur, d'une  élagance blessée et d'une extravagance  folle . 

Une chronique drôle et triste à la fois, absolument savoureuse de bout en bout et évidemment,  impossible de passer sous silence la prestation de Melissa McCarthy, qui  dans un registre relativement dramatique  y est absolument remarquable...

A ne pas manquer,  même si le film ne joue pratiquement plus et que la mastodonte Tarantino risque de tout pulvériser sur son passage.. 

 

Bande-Annonce LES FAUSSAIRES DE MANHATTAN VOST