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L'événement de cette dernière semaine cinéma du mois d'août?

Sans doute (avec la sortie de La vie scolaire, le nouveau long de Grand Corps malade), "Une fille facile"qui sort mercredi en sallesRebecca Zlotowski, qui nous avait ravi "Belle Épine" ou encore "Grand Central" a fait parler d'elle à Cannes cette année avec son nouveau long métrage. Dans le rôle principal, la célèbre  Zahia Dehar, connue pour avoir défrayé la chronique il y 10 ans, fait ses débuts sur grand écran dans un rôle assez proche de l'image qu'elle véhicule .

Nous avons vu le film la semaine passée au Comedia en présence de sa cinéaste, nous sommes sortis en désaccord total, voici dans le retour d'un pour contre:

une fille facile pour

Neima a seize ans et des velléités de son âge, une légère envie de devenir actrice, mais surtout un été à remplir. Sofia une cousine perdue de vue depuis des années arrive sans crier gare.
A vingt-deux ans elle est belle, sexy et sure d’elle. Neima va passer quelques jours avec elle et sa vie ne sera plus jamais la même.
Conte moral, fable initiatique ou comédie sociale, “Une fille facile “ est aussi un film solaire et sexy comme des vacances sur la côte d’Azur, ça tombe bien, nous sommes à Cannes.
Une mise en scène légère et précise au service d’un scénario plus profond qu’on ne le pense, Rebecca Zlotowski s’inspire du cinéma d’Eric Rohmer pour nous parler d’une jeune femme, une “Collectionneuse “ d’aujourd’hui.
Certes, le message féministe très radical risque de choquer: mon corps et l’autre c’est donnant-donnant....
Mais finalement j’aime le coté simple et efficace du scénario qui ne se perd pas dans toute les directions,..comme dans certains films français que l'on a vu récemment (à tout hasard, ce film qui a aussi fait l'objet d'un pour/contre, et dans lequel je tenais cette fois là le rôle du méchant).

PHOTO 3 - UNE FILLE FACILE ©Julian TORRESLes Films Velvet

Deux jeunes femmes, deux sensibilités, deux manières d’appréhender le monde et surtout le personnage de Neima jeune femme en devenir.... c’est un peu “Pauline à la plage” en très sexuel...
Dans le rôle pas si facile de la fille facile, Zahia Dehar est parfaite, un jeu décalé qui rappelle Brigitte Bardot chez Vadim ou Arielle Dombasle chez Rohmer justement, elle semble être aussi la petite fille de “ La fiancé du pirate” susurrant: “...moi j’m’en balance....”.
Pour elle, le sexe n’est une pas une arme de vengeance mais tout simplement le moyen de se sortir de la misère.
Elle forme, avec Benoit Magimel et Nuno Lopes, mâles dominants loin de la caricature et une toute jeune Mina Farid moderne “Pauline à la plage”, un quatuor de comédie qui annonce une belle rentrée cinématographique.
 
Rédacteur Michel D

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Que miss Zahia, qui est, ne le cachons pas, l'intérêt premier ( le seul?) de ce film aussi léger  et oubliable qu'une  douce soirée d'été, ait un jeu décalé qui rappelle Brigitte Bardot, cela ne fait pas l'ombre d'un doute, mais qu'elle soit parfaite et convaincante pour ses premiers pas au cinéma, il y a un fossé que je ne franchirais pas...

Sa diction atone, monocorde, son jeu désincarné mettent immédiatement une distance entre le film et le spectateur.qui a particulièrement du mal à s'identifier à ce personnage qui ne lui ressemble pas du tout..

Nous ne voyons jamais un personnage de film mais bien une fille dont le jeu très maniéré tranche totalement avec la naturalisme de ses partenaires...

La première demi heure, avant que les effectivement excellents Nuno Lopes et Benoit Magimel n'arrivent à l'écran,  irrite d'ailleurs prodigieusement, tant le jeu totalement artificiel et à coté de la plaque de notre chère Zahia prend toute la place..

Ensuite, cela s'arrange un peu mais on est quand même très loin de cette critique promise par la cinéaste ( notamment lors de sa rencontre/débat après le film ) d'une génération instagram ne jurant que par matérialisme et vénalité..

PHOTO 4 - UNE FILLE FACILE ©Julian TORRESLes Films Velvet

Certains plans sont certes de toute beauté, mais la plupart des séquences se regardent avec un ennui poli, le film manquant  vraiment de suubstance, le scénario se contentant de nous amener d'une plage à un yacht puis  à un restaurant de luxe, puis à une villa luxueuse, puis de nouveau à une plage, sans que l'on ne comprenne bien les tenants et aboutissants de l'intrigue.

Bref, tout parait finalement assez superficiel et creux; le peu de dialogues échangés ne disant pas grand chose sur la prétendue profondeur des personnages et comme il est questions de jeunes adultes/adolescentes du Sud de la France en proie à des tourments sentimentaux, on pense forcément à du Kechiche, mais en 300 fois moins passionnant..

Ce récit d'apprentissage sous fond de lutte de classes s'avère finalement aussi banal qu'anecdotique, jamais déplaisant à voir (forcément, tout est beau dans ce film), mais encore moins passionnant et surtout, il reste finalement peu clair sur les intentions de la cinéaste.

Utiliser l’image de Zahia pour servir un discours sur la liberté du corps : l'intention est plus que louable, mais le résultat à l'écran est loin d'être convaincant, tant tout reste à la surface de ce conte moral estival totalement inoffensif..

Peut-être espérait-on trop de ce film, vu les très captivants premiers longs métrages passionnants de Rebecca Zlotowski ?

Sa prochaine série, "Les sauvages", gros projet à voir à la rentrée sur Canal Plus,  nous donnera certainement des clés  sur cette question ..

Rédacteur : Philippe H

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