un pur

 "Ce 24 décembre, nous voilà alignés sur un canapé devant un écran allmé. Mon premier James Bond. Le héros du gargouilleur. La femme peine à se détendre, lui s'enthousiasme à me présenter l'agent 007. Il s'est mis au milieu, m'a assis à sas droite, c'est un canapé pour deux pas pour trois j''essaie de ne pas le toucher."

Une mère célibataire passe des vacances de rêves avec ses jumeaux de 8 ans,  Benjamin et Julien, à Venise, point d'orgue d'une grande complicité familiale.

Tout s’effondre soudainement  lorsque un des deux enfants, Benjamin, est capturé et séquestré au détour d'une sombre ruelle de la place Saint Marc. 40 ans plus tard,  un procès a  bien lieu mais Benjamin  se retrouve au tribunal non pas dans  à  la place  de la victime,  mais dans le box des accusés... 

Le récit se concentre autour de Benjamin, on le suit dans son enfance, son adolescence puis sa vie d’adulte et son rapport avec son bourreau,  qu'il nomme le Gargouilleur, le monstre de Bari qui l'a capturé.

 Isabelle Desesquelles  aborde un terrain glissant en traitant de ce sujet des prédateurs sexuels et des incidences gravissimes qu'ils font  endurer à leurs victimes  avec ce combat  permanent que livre ’un Benjamin devenu adulte contre des pulsions qu’il  tente de rejeter.

Avec ce qu'il faut de retenue, de suggestion, mais également une certaine frontalité, la plume d'Isabelle Desesquelles évite totalement le côté casse gueule du sujet avec ce sujet  potentiellement glauque.

 Isabelle Desesquelles  ne cherche pas à provoquer facilement (on n'est pas chez Yann Moix),  mais n'hésite pas à ausculter les tréfonds de l’âme humaine  avec une écriture aussi concise que parfois poétique qui s'offre de jolis allers retours entre passé et présent .

Une lecture éprouvante certes, peu confortable, mais poignante et prenante, qui fait partie des belles surprises de cette rentrée littéraire 2019... 

 challenge rentrée littéraire 2019