Ceux-que-je-suis"Ce jour là, grâce à mon frère jumeau, j'ai réalisé que la plus grande honte, ce n'est pas d'avoir dit ou fait quelque chose que l'on regrette. Ce n'est pas non plus l'embarras que l'on peut ressentir pour ses parents et ses origines. Non. C'est celle que l'on éprouve pour soi même. La plus grande honte c'est avoir honte de qui l'on est."

À la mort de leur père, garagiste à Clichy, les trois frères Mansouri ont la surprise d’apprendre qu’il désirait être enterré à Casablanca. Ils rechignent à se rendre dans un Maroc où ils se sont toujours sentis étrangers. Ce sera l’aîné, Marwan, le prof d’histoire-géo, qui accompagnera le cercueil dans l’avion.

En déambulant dans les rues de Casablanca, en rencontrant les anciens amis de son père,Marwan commence à faire son deuil d’un homme dont il n’avait pas entrevu la complexité.

"Avec "CEUX QUE JE SUIS"  le franco britannique , exilé parisien à Londres depuis plus 20 ans, Olivier DORCHAMPS nous raconte une quête identitaire  sur le rapport complexe aux origines.

En suivant nos pas dans ceux de Marwan, on découvre avec lui l'histoire de ses parents, de sa famille, de ses origines. Au fil des pages se dénouent les fils d'une histoire  familiale dont ,le rapport au pays,  soit la France ou le Maroc, est différent d'une génération à une autre .

Dans ce récit doux et sensible aux entrées multiples, il est question de double culture  et de cet héritage familial qui fait de nous ce que l'on est ( d'où le titre) à travers un récit écrit avec une grande sensibilité et une simplicité donnant lieu  à des scénes souvent savoureuses.

Olivier Dorchamps écrit avec des mots choisis cette subtile et profonde réflexion sur l'identité et ce qu'on reçoit des générations passées.

« Mon père ne s’était jamais fait naturaliser. Il disait qu’à la douane, que ce soit à Paris ou à Casa, il serait toujours un Marocain en exil, jamais un Français en vacances, alors à quoi bon ? »

Ceux que je suis est un roman aux entrées multiples. À la pudique chronique familiale sur le deuil s’ajoute une touchante évocation du déracinement et du rapport complexe aux origines.

Olivier DorchampsCeux que je suiséditions Finitude

256 pages, 18,50 euros, depuis  le 22 août