On l'avait adoré dans Pas d'souci, le phénomène Philippe Fertray est de retour au Théâtre de la Contrescarpe avec En mode projet.

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Alfred Carmut est un salarié heureux - eh non pour lui, ce n'est pas une oxymore - : heureux d'aller travailler, heureux de décrocher son téléphone, heureux de répondre à ses mails en tapant fort sur son clavier, heureux de ranger ses classeurs par couleur, heureux de regarder les oiseaux par la fenêtre. Son patron, lui, l'est un peu moins, heureux, quand il voit son son employé dans la lune. Il décide de l'envoyer faire un stage de motivation, car il manque quelque chose à son quotidien pour le rebooster, cette petite chose qui fait tout le sel de la vie de bureau : un projet. 

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Ni une ni deux, scène suivante, nous voilà télétransportés dans les locaux de l'agence Pôle Empoile (vous avez compris) avec un coach (exceptionnel) au jargon sûrement aussi obscur pour nous que pour lui et quatre autres brillants Chefs de projet en devenir : il y a d'abord cette coiffeuse paysagiste à l'imagination débordante, traversée de visions futuristes de coiffures où tantôt se nichent des oiseaux, tantôt poussent des soucis (les fameux). Un jeune du 9-3 à fond dans l'économie solidaire et le développement durable, qui entend, quant à lui, se lancer dans le voyagisme (il vous développera son projet mieux que moi)... Un chanteur de télé-crochet aux multiples et diverses influences persuadé de l'immense étendue de son talent artistique. Et pour compléter cette galerie d'heureux entrepreneurs, un Start-upper fondu de numérique. Et notre Alfred, me demanderez-vous, c'est quoi son projet à lui ? Mettre au point un rasoir à huit lames, eh oui, il fallait y penser. Pour être encore plus efficaces et profitables, les séances de brainstorming-psycho-pro-thérapie sont ponctuées de chorégraphies et de chansons autour des activités favorites de tout employé qui se respecte, le Copier-Coller.

On retrouve l'amour immodéré de Philippe Fertray pour les jeux de mots (mention spéciale pour Lâchez crise !), son texte est tellement (bien) écrit qu'il faut parfois s'accrocher et essayer de ne pas perdre de fil de sa folie (mais ça, on vous l'avait déjà dit). J'ai apprécié retrouver ce phénomène qu'est Philippe Fertray, cette énergie incroyable qu'il déploie sur scène, sa façon d'incarner sa plume en se déguisant, en nous offrant des mimiques exceptionnelles, en mimant, en chantant ou encore, en dansant. J'admire sa fantasie, même si j'ai trouvé qu'elle avait du mal à trouver sa place dans ce monde concret qu'est celui de l'entreprise, elle détonnait parfois trop pour que je puisse vraiment l'apprécier. Ainsi les passages surréalistes du Haka du travailleur et de la chute successive de poils n'ont pas eu sur moi l'effet escompté. Mais qu'importe ! Si vous aimez quand on tape sur le monde de l'entreprise à coups de jeux de mots, de danses sur des raccourcis clavier, de détournements novlangagiers, venez vous aussi faire un stage avec Philippe Fertray, pour sûr, vous en ressortirez gonflés à bloc...

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Si vous voulez vous inscrire au stage dispensé par Pôle Empoil, il reste des places jusqu'au 28 septembre !

 En mode projet, à 21h du mardi au samedi au Théâtre de la Contrescarpe, 5, rue Blainville 75005 PARIS