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Depuis qu'elle est apparue sur la scène musicale française, et surtout depuis qu'elle a opéré un virage en français en 2017 on a tendance à comparer Marie Flore à des artistes féminines qui comptent comme Juliette Armanet, Clara Luciani ou Cléa Vincent.

Même si le procédé montre l'étroitesse d'esprit  de certains observateurs qui ont toujours tendance à cumuler les références pour analyser une nouvelle artiste qui arrive, on peut dire que Marie Flore est précédée de comparaisons plutôt flatteuse et totalement méritée.

Son album « Braquage », qui sort  le 18 octobre sur le label six et sept, démontre en tout cas toute l'étendue d'un univers finalement bien singulier qui brasse large, entre pop électro (tiens, Cléa), ballade piano voix déchirante ( Juliette si tu nous regardes), et folk intimiste porté par une voix grave et sensuelle ( Clara). 

Marie-Flore

Mais plus qu'aux chanteuses françaises d'aujourd'hui, l'espace musical de Marie Flore va aussi chercher du coté de l'anglo saxon de Léonard Cohen à Lou Reed, et même si l'intégralité de l'album est en français, on n'est pas étonnés d'apprendre que la miss a d'abord composé et écrit un album en anglais.

Cela dit, après ce "By The dozen en 2014" (dont l'écoute pour le coup pouvait avoir quelques réminiscences très Cat Power) . Marie-Flore a ensuite opéré un virage pop en 2017 avec un  premier EP en français : "Passade Digitale", joli prélude à cet album Braquage. 

Dès qu'on écoute l'album, on est totalement emportés par la voix et le flow de cette jeune autrice, compositrice et multi-instrumentiste qui impose un univers envoutant, hypnotique; un univers tout en tension et en émotion qui dissèque la complexité du sentiment amoureux.

Surtout, Marie Flore impose une plume particulièrement aiguisée, sensuelle, crue parfois (loin de l'image de la chanteuse fleur bleue), et réussit à transcender la rupture amoureuse qu'elle a vécu, un peu  à la manière d'une Clarika ( tiens pourquoi on l'a pas comparé à cette autre grande artiste féminine?) avec son  septième album De quoi faire battre mon cœur .

Dans "Braquage", Marie Flore encaisse les coups de cette séparation, mais loin d'accepter tout dans une position doloriste qu'elle n'accepte pas, Marie Flore fait exploser sa rage et sa rancune.

Un album personnel, mais universel, intime mais pas impudique, mélancolique mais pas dépressif, qui prend aux tripes et titille aussi l'esprit.

"T’es ma soirée qui part en vrille
Je te jure si tu,
Si tu me quittes je te torpille" ( Presqu'ile)

 Au niveau du son, Marie Flore  fait aussi des étincelles; il faut dire qu'elle s'est (très bien) entourée d'Antoine Gallet, le producteur de Julien Doré, qui réussit à donner un côté tres américain, très electro pop aux arrangements.

Cette réalisation moderne et urbaine confère à ces textes personnels une dimension très sensuelle et envoutante, et une sonorité complexe, entre les productions hexagonales et anglo saxonnes.

Braquage est un  opus qu'on écoute en boucle, de façon presque irrationnelle, pathologique tant on a envie de comprendre les clés du mystère Marie Flore. 

Assurément une des très belles découvertes/ coups de coeur de cette rentrée musicale de septembre 2019 !!

 

 A noter que Marie Flore sera sur Lyon  dans le cadre du festival French Connexion le 17 novembre prochain :