furie

 Le cinéma de genre français renait  un peu de ses cendres ces derniers temps , dans le mouvement du splendide "Grave"  qui a connu  le succès que l'on sait. , on a eu L'heure de la sortie,  "Revenge", ou 'laissez bronzer les cadavres, 'Dans la Brume,"  qui sont venus batailler sur les terres du film catastrophe et de science-fiction ,

Pour l'instant, le film d'horreur était encore un peu à la traine,  et c'est ce retard  qu'a cherché à  combler Olivier Abbou, réalisateur d'un premier film d'horreur assez radical , Territoires il y a presque dix ans.

Il récidive cette année 2019 avec Furie, en salles ce mercredi 6 novembre, essai plutôt convaincant d'insuffler de l'horreur à la chronique judifciaire et sociale française.

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Le long métrage d'Olivier Abbou s'inspire en effet d’un fait divers survenu il y a quelques années  à Port Leucate. Un couple avait prêté sa maison à des amis en difficulté. Une fois rentrés de vacances avec leur camping-car, ils découvrent leur villa transformée en camp retranché pour leur en interdire l’accès  

C'est ce qui arrive au couple d'héros du film, Chloé et Paul qui reviennent chez eux après deux mois de vacances et vont  trouver porte close : les serrures ont été changées et les occupants , la nounou et son compagnon à qui le couple avait préter la maison déclarent être chez eux. Le fait est que Paul  a signe imprudemment un papier qui, aux yeux de la loi, fait des occupants les nouveaux locataires et bloque la situation jusqu’à… la trêve hivernale.

Blessé dans sa virilité et son amour propre, cette situation va a réveiller en Paul des réactions pour le moins violentes... 

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ON voit bien que le pitch nous plonge dans les rives connues du home invasion ‟classique” dont le cinéma américain a particulièrement fait son miel  depuis longtemps, de Funny Games ( version originale et US) en passant par Fenêtre sur le pacifique, american Nightmare  ou la maison des otages.

Toutefois,  le récit d'Olivier Abbou et de co scénariste  Aurélien Molas conserve sa spécificité hexagonale en glissant insidieusement du thriller social un peu intello  ( on y cause de John Locke (le philosophe sur le droit naturel du sol) au film d'épouvante très gore dans sa dernière partie 

Dans sa première partie concentrée sur le calvaire administratif rencontré par la famille de propriétaires , Olivier Abbou interroge avec pas mal d'intelligence le fait d’être un homme noir domestiqué par le Blanc, celui-ci parvenant encore à le déposséder de ses biens le laissant face à son impuissance. et réussit à mettre l'accent sur des  sensibles et clivants de notre société : propriété, libre arbitre  sexualité, racisme, la violence cachée en soi. 

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Si on peut regretter  certaines lourdeurs dans les dialogues et des maladresses dans le jeu de certains acteurs ( pas Paul Hamy, impressionnant dans un rôle très éloigné de ce qu'il joue d'habitude), ces problématiques ont le mérite d'exister dans un film de genre.

Certes, celles  ci sont  malheureusement totalement évacuées dans une dernière partie qui met l'action et l'horreur au centre du récit, mais cette dernière partie se distingue cependant par une tension paranoiaque bien assumée, et  mise en scène stylisée, portée . par un indéniable sens graphique et du cadre, une bande sonore très efficace . 

Bref,  on peut dire que le cinéma de genre en France aujourd’hui se porte plutôt bien, et Furie, malgré ses imperfections  en est une  preuve indéniable .