peuple

 

« L’histoire familiale personnelle, lorsqu’elle est indissociable de catastrophes historiques, génère une pudeur, parfois même un désir de laisser dans le noir ce qui est dans le noir. La pudeur des grands-parents sur les circonstances de la mort de leurs propres parents a été un commandement difficile à respecter et à accepter. On ne sait plus si on a hérité de leur pudeur ou si l’on est soi-même gêné de fouiller le passé : car ce passé de nos aïeux, dans quelle mesure nous appartient-il ? »

 «  Russe, jeune étudiant sans ressource, cherche emploi quelconque. Ecrire à Opatchevsky, 57 boulevard Saint-Marcel, à l’hôtel » petite annonce parue dans le journal Le Matin du mercredi 26 aout 1914. Simkha deviendra médecin, le père de l’écrivain Pierre Pachet et le grand-père de Yaël Pachet.

Le jeune homme transformera Opatchevsky, patronyme dangereux durant l’occupation, en Pachet et veillera à donner des prénoms chrétiens à ses enfants.

Pourtant le 28 septembre 2018 un tag antisémite est découvert sous une plaque commémorative au nom de Pierre Pachet son fils.

Pierre Pachet, essayiste, professeur d’université, pur penseur de la littérature et écrivain de l’intime, Pierre Pachet mort le 21 juin 2016.

 Pour Yaël Pachet, sa fille, il faut écrire, comme pour répondre à une injonction jamais formulée. Alors Yaël écrit, sur son père bien sûr, mais aussi sur sa mère, sur ses grands-parents et sur son chagrin.

Poésie du corps, poésie de la mort, poésie de la vie.

Récit d’un deuil, déroulement fragmenté d’une biographie familiale, Nazis, Bolchéviques, Beatniks, collage intime sur les bouleversements du Monde au XXe siècle. 

Dans ce court récit pudique et impudique Yaël Pachet nous donne à lire le portrait magnifique d’un père écrivain.

 

Le Peuple de mon père », de Yaël Pachet, Fayard, 270 p., 18 €.

 https://www.fayard.fr/litterature-francaise/le-peuple-de-mon-pere-9782213712512