3D_MANTARAY

Près d'une côte où des réfugiés rohingyas ont été retrouvés noyés, un jeune pêcheur thaïlandais trouve en pleine forêt un homme blessé et inconscient. Il lui porte secours et le soigne. L'étranger se révèle être muet. Il le nomme Thongchai et lui offre son amitié.

Un jour, le pêcheur disparaît mystérieusement. Thongchai va peu à peu prendre sa place...
Réalisé par le cinéaste thaillandais Phuttiphong Aroonpheng, Manta Ray est en quelque sorte le prolongement de son court métrage Ferris Wheel, qui en 2015 traitait également des thématiques des travailleurs migrants clandestins qui tentent de franchir la barrière entre Birmanie et Thaillandais.
Photo du film Manta Ray, de Phuttiphong Aroonpheng
S'il aborde donc la question des migrants, "Manta Ray", sorti en salles en juillet 2019,  est un film éminément plus poétique que politique, préférant l'esthétisme et la fantasmagorie à une approche plus réaliste et documentaire. 
Se concentrant sur deux personnages, un pêcheur thaillandais et un étranger muet sans nom  qui vont s'apprivoiser peu à peu, ce conte thaïlandais aux  dialogues réduit au minimum ( l'un des personnages  est muet) propose en effet  une expérience sensorielle ( gros travail sur le son et notamment sur une bande musicale disonnante aux instruments assez difficile à identifier)  et visuelle assez unique en son genre qui plaira assurément aux adeptes d'un cinéma contemplatif et esthétique, avec une pincée d'onirisme.
Cette histoire pleine de mystère et d'esprit ne pourra manquer de faire penser au cinéma d'un autre réalisateur thaillandais, Apichatpong Weerasethakul, on pense aussi parfois à un autre cinéaste asiatique, Tsai Ming Liang,  même si au bout du compte, Phuttiphong Aroonpheng cite plus la filmographie de  David Lynch et particulièrement son  éngimatique "Erasehead" comme référence première  à son projet.
«Manta Ray», de Phuttiphong Aroonpheng.
Ode à la  lenteur,  à la spiritualité, et à la nature et à ses beautés inexplicables et inexpliquées, Manta Ray dégage une certaine douceur  et un vrai sens de l'esthétisme auxquels  il est difficile de rester insensible.
Toutefois, le côté trop nébuleux du film peut aussi rebuter et on ne pourra  pas s'empêcher de penser que le film aurait eu tout à gagner à tendre à une narration moins tenue et un peu plus de réponses aux mystères que le film distille tout au long de ce long métrage .  

 

 En DVD et VOD le 3 décembre aux éditions Jour2fête

Suppléments :
• COURT MÉTRAGE, Ferris Wheel un film de Phuttiphong Aroonpheng (2015, fiction, 23 min)
• BANDE ORIGINALE, par la groupe Snowdrops (Christine Ott, Mathieu Gabry)
• LIVRET, notes sur le film, entretien avec le réalisateur, biographies (20 pages)