se taire

 «Depuis le Nobel, tout chez moi est coupable, le corps, le manque d’appétit, la fatigue, encore elle, demeurer auprès des miens, les quitter, l’approche de la nuit, le réveil. Les mots comme le silence. Tout s’équivaut, la valeur a failli. Son idée même. C’est dire. Et moi qui préférais l’image, ça me semblait plus vrai, plus fort. Je me raccroche aux mots que je ne dis pas. Je n’ai plus aucune confiance ni dans les formes ni dans les couleurs. Je n’ai plus confiance en ce que je vois.»

Mathilde, dont la famille est  particulièrement célèbre ( père chanteur,  grand père écrivain) est photographe pour un prestigieux journal du haut de ses 20 ans.

Un jour elle  doit réaliser le portrait du prix Nobel de la paix tout juste endeuillé du suicide de sa fille. Victime d'une agression violente par cet homme, c'est la vicitime qui va devenir bafouée et se sentir coupable de cette terrible épreuve.

Mazarine Pingeot , qui n'a pas toujours défendu dans ses colonnes, nous offre un nouveau roman intéressant, qui surfe parfaitement sur la vague du « #Metoo »,  en explorant avec une certaine subtilité l’omerta qui entoure les agressions sexuelles  et le poids écrasant du secret tant les vicitimes doivent apprendre à se taire pour ne pas faire de vagues.

Un peu comme "Le Malheur du bas » d'Inès Bayard  l'an passé, "Se taire" est le portrait au scalpel dans l’intimité d’une femme qui a subi  un tél événement.et les  déboires amoureux, amicaux et familiaux liée à cette tragédie . 

Mazarine Pingeot montre bien  les souffrances au quotidien le cheminement moral qui découle de cet acte, et la souffrance de la victime, qui se trouve  sacrifiée par le déni et les conventions.