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 Adoration, un des grands films de ce début 2020 sort enfin en salles demain, le 22 janvier, après avoir fait le bonheur d'un certain nombre de festivaliers. 

Le film est l'oeuvre de Fabrice de Welz, réalisateur  belge d'un terrifiant "Calvaire" avec Laurent Lucas et Jacquie Berroyer il y a désormais  plus de 15 ans, d'"Alléluia", que nous avions défendu  à sa sortie en 2015 . ou du très black power Message from a king il y a deux ans (voir notre chronique)

De Welz, grand amateur de cinéma de genre, qui s'est  seulement fourvoyé  à une occasion avec un "Colt 45"  phagocyté par ses stars pas très bienveillantes, a a toujours osé un univers singulier et radical qui n'aime rien d'autre que de repousser les convenances.

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Après  Calvaire et Alléluia,  Du Welz et son coscénariste Romain Protat livrent le troisième volet de cette trilogie  trilogie de la passion (une trilogie qui pourrait bientôt devenir une tétralogie avec  Inexorable, le nouveau projet annoncé de du Welz)

Malgré la connotation religieuse de leurs titres, la passion dont il est question est émotionnelle, avec le déséquilibre psychologique et les souffrances sous-jacentes. 

Adoration est aussi un voyage onirique magistralement filmé par Fabrice du Welz  qui n'aura jamais été aussi contemplatif. 

Cette histoire d’amour passionnelle, portée par deux grands espoirs du cinéma francophone, Thomas Gioria (Jusqu’à la Garde) et Fantine Harduin (Happy end), est la rencontre de Paul, jeune garçon solitaire visiblement fortement inspiré par l'Idiot de Dostokoieswi ou le Candide de Voltaire et Gloria,  projection paganiste et féminine du réalisateur héroïne fétiche de Fabrice du Welz.

Cette rencontre filmée comme un conte féérique et bucolique convoque forcément les grandes références cinématographiques de Délivrance de Boorman à la La Nuit du Chasseur (1955) de Charles Laughton.

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 En s'appuyant sur l'excellent travail de son son directeur de la photographie, Manu Dacosse, Fabrice du Welz compose des scènes d'autant plus marquantes, qu'elles sont réalisées en 35 mm.

S"il y a certaines longueurs dans la première partie du film, du à une quasi absence de dialogues et une abstraction clairement assumée, le dernier tiers du film où les deux adolescents se retrouvent chez un gardien de parc,  un être solitaire brisé par un amour perdu,   interprété  avec énormément de sensibilité par Benoît Poelvoorde, s'avère être imprégnée  d’une vibrante poésie .

Avec Adoration, Du Welz explore, sans doute encore plus qu'avec les deux volets précédents,  la passion amoureuse sans concession en sondant la cruauté d’une inévitable réalité mais aussi l’espoir d’un amour qui pourrait peut être tout surmonter.

Une oeuvre assez fascinante et singulière qui devrait ravir les fans du cinéaste belge, réalisateur quasiment aussi radical dans son geste qu'un Gaspar Noé ou un Bruno Dumont.