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  © Jour2fête Tous droits réservés

 Les films fantastiques français se font si rares de nos jours sur nos écrans que l'on ne boude pas notre plaisir lorsqu'un spécimen sort au cinéma, d'autant plus quand ils sont réussis .

C’est avec une vraie curiosité et une belle excitation que nous avons pu découvrir en avant-première La dernière vie de Simon le tout premier film de Léo Karmann (fils du comédien complice des Bacri/ Jaoui,  Sam Karmann et frère de Martin qui joue dans le film)qui sort en salles le 5 février prochain.

Léo Karmann ne manque pas d’audace pour son premier film, car contrairement à 95% de ses comparses jeunes réalisateurs, il ne s’aventure pas dans le registre du drame autobiographique ou de la comédie lourdaude, mais dans le film fantastique familial, hommage clairement assumé aux films américains de sa jeunesse, de "Retour vers le Futur " à ET. La Dernière Vie de Simon nous embarque dans un univers à hauteur d'enfant où pouvoirs magiques et amours adolescents cohabitent sous fond de disparitions d’enfant et de maladie incurable.

Faire un film qui rende à ce point hommage au ciné de Spielberg et Zemekis  était super casse gueule quand on a une marge de manœuvre économique limitée pour un premier film avec des acteurs ni connus ni bankables, mais le film réussit d'autant plus ce pari qu'il se base surtout sur un scénario en béton qui exploite formidablement le concept de départ

 
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Il n’est pas si fréquent  de tomber sur un scénario aussi soigneusement travaillé du côté du cinéma fantastique sans  que cela ne se fasse pas au détriment des qualités formelles du film.

Il est d'ailleurs très intéressant de constater qu'à chaque fois qu'un film français fait le pari du fantastique- "Vincent n'a pas d'écaille", "vif argent" ou "l'angle mort"  pour citer des exemples récents- le personnage central, qui a un super pouvoir, ne veut surtout pas l'utiliser, il en a presque honte, contrairement aux super héros US qui usent et en abusent sans l’ombre d’un scrupules...

C’est également le cas pour ce jeune Simon dont le pouvoir-prendre l’apparence de quiconque l’ait touché précedemment -sauf que  comparé aux films français précédemment cités,  cette humilité du héros ne joue pas sur la modestie de la forme et du récit, souvent très épurés et minimalistes .

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En effet, la Dernière Vie de Simon nous embarque dans un destin très romanesque, un univers à hauteur d'enfant où pouvoirs magiques et amours adolescents vont se déployer au sein d’un récit truffé de rebondissements et qui vire carrément dans le film d’action dans son étonnante dernière partie.

Empreint de magie et de nostalgie, La dernière vie de Simon- on note la référence à la double vie de Véronique de Kieslowski-  nous embarque au cœur d'une histoire que n'aurait pas renié un Robert Zemekis des grands jours.

Qu’importe les quelques maladresses inhérentes à un premier film (dans la direction d’acteur notamment), cette Dernière vie de Simon est une très belle tentative de film familial enchanteur et féérique!  

La dernière vie de Simon / au cinéma le 5/02/2020- 

Un film réalisé par Léo Karmann, avec Camille Claris, Benjamin Voisin et Martin Karmann