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 « Depuis le 11 septembre, moins de deux cents Américains ont été victimes de ce que l’on peut appeler le « terrorisme islamique » sur le sol des Etats-Unis. Moins. De. Cents, articula Lucas. L’extrémiste musulman de service ne pose pas  de réelle menace, et je ne dis pas que ça ne peut pas changer en un clin d’œil, mais à l’heure qu’il est, tu as plus de chances de mourir dévoré par ton chat. La vraie menace, c’est ton voisin de palier chrétien. Ces cinglés tuent – quoi ?– douze, quinze mille Américains par an. Le champion toutes catégories du meurtre de masse, c’est le pèlerin de base. »

  Manhattan prépare les fêtes de Noël, tandis qu’un super sniper dégomme des policiers à l’aide d’un grand fusil Remington et de balles  Winchester Magnum calibre 300.

Ça fait du dégât et bientôt le FBI fait appel à Lucas Page, super intervenant, docteur en astrophysique à l’université de Colombia et accessoirement Asperger, capable d’analyser une scène de crime à la vitesse d’un ordinateur.

Très rapidement, Lucas découvre les lieux où le tireur a ajusté ses tirs, souvent  à plus de deux cents mètres de la cible. Le FBI est sur les dents, le tireur d’élite à tout le profil de l’un des leurs.

 Bien, passons très vite le coté invraisemblable du récit, le lecteur accepte  ou n’accepte pas un personnage de roman au pouvoir psychique hors norme. Lucas Page est tout de même un héros  plutôt intéressant.

Une prothèse de jambe, de bras et un œil de verre répare  un corps meurtri lors d’une enquête ancienne.

Patriarche aimant et aimé d’une grande et belle famille d’enfant accueillis, c’est dire si Erin, sa compagne, voit d’un très mauvais œil qu’il reprenne du service.

La qualité première de ce thriller c’est l’efficacité diabolique de son écriture. Robert Pobi comme souvent chez les écrivains américains, ne pense qu’au lecteur. « City of window » est un vrai page-turner qui profite d’un suspense haletant pour nous offrir aussi de très belles pages décrivant un New-York hivernal engourdis sous la neige et le givre, et une tendre vision humaniste de l’accueil de l’enfance en souffrance.

Thriller politique aussi, Robert Pobi porte un regard sans concession sur l’Amérique des oubliés qui a élu Donald Trump. Si, si un roman d’action démocrate ça existe !

 CITY OF WINDOWS – Robert Pobi – Éditions Les Arènes – collection Equinox – 490 p. janvier 2020

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mathilde Helleu.