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 Rencontre avec  Maryam Touzani -   pour son premier long métrage « Adam » film très engagé pour les droits des femmes raconte l’enfer des mères célibataires au Maroc et qui est à l'affiche des cinéma français depuis mercredi dernier .

Après sa sélection officielle au Festival de Cannes « Adam », le premier long métrage de la Marocaine Maryam Touzani, sort  en France depuis  mercredi dernier et on avait longuement présenté le film la semaine passée dans une chronique très enthousiaste. 

Extraits de notre long échange, réalisé le mercredi 22 janvier dernier au cinéma lyonnais du Comoedia  ainsi que du dossier de presse du film  : 

 « La pire des choses qui peut arriver à une femme au Maroc, c’est d’être enceinte sans être mariée. Jusqu’en 2004, les enfants nés hors mariage étaient invisibles, c’est-à-dire ils n’avaient pas d’identité. Cela a changé. Mais même s’ils ont une identité, on sait qu’ils sont des enfants nés hors mariage. C’est un fardeau qu’ils portent toute leur vie. Ils sont toujours montrés de doigt. C’est très difficile. Vous ne pouvez pas imaginer. Pour les mamans, c’est l’enfer. »

"La  Médina de Casablanca,  nous offre  un visage d'un Maroc solaire et solidaire malgré tout  "Les senteurs, les visages, l’ambiance. La Médina de Casa distille une forme de vérité humaine bien loin des cartes postales" 

 
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 « Quand j’ai commencé à écrire ce film, je commençais à sentir mon enfant bouger à l’intérieur de moi. Quand j'avais 20 ans,  j’ai fait une rencontre avec une jeune mère célibataire que mes parents avaient accueillie.  cela m’a profondément bouleversée et marquée. Quinze ans après, j’ai ressenti dans ma chair et compris beaucoup de choses par rapport à la maternité et à ce que cette femme pouvait ressentir. Là, j’avais un  vrai besoin de raconter. cette histoire et de le transposer dans le Maroc d'aujourd'hui qui hélas n'a pas tant changé que cela en près de 20 ans  »
"Ce film est né d’une vraie rencontre, douloureuse mais inspirante,  qui a laissé en moi des traces indélébiles. J’ai connu la jeune femme qui m’a inspiré le personnage de Samia. "Adam a fait son chemin  en moi, pendant des années, presque  à mon insu" 

 « Quand on aime ses personnages comme  j’ai aimé les miens, on a parfois du mal à imaginer  qui va les incarner…  J’appréhendais le moment  du casting,  car je savais à quel point ça allait être compliqué pour moi mais j'ai vraiment trouvé trois formidables comédiennes qui incarnent totalement l'image que j'avais de mes personnages".

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 "Je pense que pour changer  les lois, on doit d’abord changer  les mentalités,  le regard d’une société. Et franchement, je sens que nous sommes à un moment  de notre histoire contemporaine qui appelle  à ce changement, sans détours,  et que la société non seulement est prête, mais le réclame.  

L’affaire de cette journaliste,  Hajar Raissouni, accusée et condamnée à une peine de prison pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage et avoir avorté, puis tout le mouvement de soutien qui s’en est suivi pour aboutir  à sa libération,  sont là pour en témoigner.  " 

mariam © Lorenzo Salemi