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On en a parlé dès l'ouverture samedi soir avec le spectaculaire The Keeper : comme chaque année depuis maintenant 25 ans, le Zola se pare des couleurs de l';Union Jack pour le festival de cinéma britannique et irlandais Ciné OClock,

C'est l'occasion idéale  de découvrir ce que la cinéphile Albion compte de talents passés et présents, à commencer
par David Bowie, dont les éclairs de génie strient la programmation. Quatre jolies découvertes ont notamment ponctué la semaine.

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1/ On commence par l'inédit Denmark, réalisé parAdrian Shergold, qui met en scène le plan complètement loufoque de Herb, un chômeur gallois, pour se faire emprisonner au Danemark, après avoir vu un reportage sur des détenus dont le sort lui semble bien plus enviable que le sien.

Sur fond de détresse sociale, le film choisit l'humour pour contrer la grisaille qui règne dans l';existence de Mister Herb, dont la gaucherie et la malchance font sourire.

 Une variation douce-amère sur des thèmes de la solidarité et de la détresse sociale  chers à Ken Loach, qui tourne un peu à vide à la moitié du film, mais dont la tonalité dopée à l'optimisme fait pas mal de bien à l'âme et aux zygomatiques .

 

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La deuxième découverte est celle du film de Shola Amoo, 2/The Last Tree, présenté en avant-première. ( sortie prévue le 25 septembre chez Destiny Films) . 

En partie autobiographique, le film raconte la trajectoire de Femi, un jeune garçon d';origine nigériane placé auprès d'une mère famille d'accueil. Alors qu'il connaît une enfance heureuse à la campagne, il en est brutalement arraché par sa mère, qui reprend sa garde.

Parachuté dans une cité de la banlieue de Londres, Femi découvre la violence et la misère, le lot d'une grande partie des familles immigrées auquel il avait jusque là échappé.

 

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En évoquant trois moments clefs de la vie de Femi, que on croise enfant, adolescent puis jeune adulte, The Last Tree rappelle évidemment Moonlight de Barry Jenkins, la caméra tournoyante et la figure paternelle du caïd de la cité comprises.

Sans atteindre jamais totalement  la puissance émotionnelle du chef d'oeuvre méricain, Shola Amoo parvient tout de même à convaincre, notamment grâce à la flamboyante prestation du  jeune Samuel Adewunmi, qui interprète Femi dans les deux derniers tiers du film.

  

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On continue avec ce qui est sans doute notre coup de coeur de la sélection, 3/Hope Gap deuxième long métrage de William Nicholson., scénariste chevronné et auteurs de pièces de théâtre, et dont le premier long métrage "Firelight", mettant en vedette Sophie Marceau et Stephen Dellane, a déjà plus de vingt ans.

Tirée d'une de ses pièces de théâtre Hope Gap est aussi dérivée d’une des pièces de théâtre de Nicholson, le film est une chronique très réaliste et juste d'une rupture après un mariage de presque 30 ans et comment ce divorce a des répercussions sur le fils unique de la famille, Jamie, qui a trente ans va devoir jouer les intermédiaires entre une mère totalement détruite, et un père  intellectuel taiseux  et résigné qui préfère fuir les remontrances  et invectives de sa femme au bras d'une autre, plus calme et moins exigeante.

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Classique dans son propos et souvent dans sa forme, Hope Gap  arrive à transcender le coté théâtre filmé de son matériau de départ et parvient à être d'une grande sensibilité et d'une belle intensité émotionnelle avec certaines séquences empreintes d'une grande émotion . Surtout l'atout principal du film repose sur son trio d'acteurs vraiment formidables.

A ce titre, la performance de la grande Annette Bening qui se fait rare sur nos écrans  est  vaiment déchirante,  tant son désespoir de voir que ses trentes années de mariage étaient basées sur un leurre est grand et contagieux.

A ses côtés, Bill Nighty plus habitué à des rôles légers, est parfait dans son rôle d'anglais coincé incapable d'exprimer ses émotions profondes. Entre les deux, le jeune Jamie O'Connor parvient aussi à toucher en fils qui se voit contraint d'être responsable de ses propres parents.

Un beau film à voir en salles en juin prochain, distribué par Condor Version Originale . 

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4/ Enfin Officials secrets  est l'oeuvre du cinéaste britannique Gavin Hood, réalisateur du très beau "My Name is Tsotsi " en 2006 et qu'on avait un peu perdu de vue depuis; certains de ses films n'étant pas sortis dans les salles françaises.

Official Secrets qui a été visible en début d'année  en vidéo à la demande dès le début d'année prochaine, après avoir été assez remarqué lors de sa projection au dernier Festival du film Britannique de Dinard.  

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Le film est un thriller politique qui prend pour toile de fond une situation géopolitique récente. Official Secrets retrace l'histoire de Katharine Gun qui à dévoilé une manipulation émanent d'une concertation entre les gouvernements des USA et du Royaume-Uni afin de lancer leur guerre en Irak. 

Librement adapté d'un livre sur cette affaire The Spy Who Tried to Stop a War: Katharine Gun and the Secret Plot to Sanction the Iraq Invasion, ce film reconstitue sous la forme d'un thriller les événements qui entourent la décision de l'héroïne Katharine Gun et ses conséquences.

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 On pense forcément à Pentagon Papers (2017) de Steven Spielberg- d'autant qu'on suit aussi une équipe de journalistes qui ont eu vent de ce mémo-  ou encore Snowden (2016) d'Oliver Stone qui mettait également en avant cette figure du  « lanceur d'alertes ».  

Keira Knightley porte avec beaucoup d'a propos  ce personnage de femme intègre qui va connaitre énormément d'epreuves et elle est bien épaulée par un casting de comédiens britanniques de haut niveau parmi lesquels  le revenant Ralph Fiennes;  fort convaincant en avocat experimenté qui soutiendra Katharine envers et contre tous .

Doté d’une mécanique narrative classique mais diablement efficace, on déplorera toutefois  une mise en scène peu trop scolaire, surtout si on compare aux films de Speiberg et Stone précités.  

CINÉ O'CLOCK Festival de cinéma britannique et irlandais du 8 au 16 février 

https://www.cineoclock.com/