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De l'ombre à la lumière: "Une mère incroyable", le second film de Franco Lolli (dont la particularité pour un cinéaste sud américain est d'être diplômé de La Fémis, même session que Rebecca Zlotowski ou Thomas Cailley) après un exellent premier long-métrage plus social, Gente de bien, s'ouvre par une séquence vraiment anxiogène de vieille dame qui rentre dans un scanner.

Il continue avec une scène pas plus légère où cette même dame, accompagnée par sa fille- la vraie héroïne du film- annonce au médecin qu'elle ne se soignera pas malgré un cancer généralisé.

 

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Bref, on se dit vite qu'on va avoir affaire à une drame particulièrement radical et austère à la manière de Michaël Haneke ou de Michel Franco ( autre cinéaste sud américain) et on se trompe dans les grandes largeurs.

En effet, comme Franco Lolli, qu'on a rencontré longuement la semaine passée sur Lyon nous l'a expliqué, ce ne sont pas du tout des cinéastes dont il apprécie particulièrement l'univers. 

Et du reste, la suite de cette mère incroyable nous donnera tort puisque les autres scènes seront au contraire impulsées par une dimension solaire et lumineuse. 

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En effet, à travers le portrait d'une femme d'une quarantaine d'années qui doit affronter quasi simultanément plusieurs épreuves terribles de la vie ( la maladie de sa mère donc, mais aussi une accusation de corruption dont elle porte une certaine responsabilité, un enfant qu'elle doit élever seul et qui demande soudainement à connaitre son père) Franco Lolli recherche surtout à éviter le coté mortifère et plombant de son scénario.

De fait, le réalisateur colombien insiste toujours sur la vie et l'energie qui résulte de ses personnages et de ses situations, même celles qui sont a priori les moins légères .

Car Sylvia, l'héroine de ce long métrage (on préfère le titre original Litigante ) qui a fait l'ouverture de la 58e Semaine de la Critique,  subit ce qu'on appelle  aujourd'hui "la charge mentale " d'une femme qui doit assumer tout un tas de responsabilités un peu trop lourde sur ses épaules.

Sujet qui sonne un peu trop dossier de l'écrans , mais grâce à l'humour et l'humanité du metteur en scène, le film n'a rien de didactique et surtout est porté par une authenticité et un réalisme qui touche juste.

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Il faut dire que le cinéaste s'entoure d'un casting à 95% non professionnel (seul un acteur, celui qui joue le journaliste et compagnon de Sylvia,  est un acteur professionnel)

Il a ainsi  embauché souvent des personnes proches de leur rôles pour leur rôle secondaire, ainsi que sa propre mère pour jouer le rôle de la mère de Sylvia et pousse le vice à mettre en scène sa maladie alors qu'elle même a été malade juste avant le film. Le tout confère une véracité  et une sincérité qui sert le film .

Ce réalisme psychologique, qui évoque le cinéma de Pialat , le réalisateur fétiche de Franco Lolli, est un des vrais atouts de cette "mère incroyable" qui sort mercredi prochain en salles.