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On avait découvert Hildebrandt avec "Animals" en novembre 2016 ; un album courronné du prix l'académie Charles Cros .

 Du  pop-rock aux guitares sonnantes et trébuchantes, et une voix chaleureuse et chaude pour emballer des mélodies et des textes ciselés et percutants comme une lame : tout était fait pour rendre la rencontre musicale avec Hildebrandt d'un meilleur effet.

  En  septembre dernier , Hildebrandt  était de retour avec un deuxième album studio, îLeL. Pour réaliser  cet opus, l’artiste s’était mué en explorateur solitaire, partant dans des îles de l’Atlantique pour composer. 

Fruit de cette introspection audacieuse, Hildebrandt nous délivre un projet mûr et plus que jamais personnel.

Après avoir exploré son côté animal, voilà qu’Hildebrandt poursuit l’exploration de soi,  des questionnements, principalement autour du genre,  féminin ou masculin, qui l'ont visiblement toujours traversé.

  A humains pluriels, formes plurielles

 A part le premier morceau de l'album "Docteur » qui s'inscrit pleinement  dans la lignée du précédent et du titre Les animals avec ce gros riff rock’n’roll , aux sonorités asiatiques évidentes, Hildebrand change un peu son fusil d'épaule en osant des chansons parfois mélancoliques, qui sont d'ailleurs très souvent les plus belles de l'album- "Vingt", "Attends" ,Emilienne, Qui de nous, souvent des hommages aux femmes de sa vie, sa grand mère, sa famille, ses filles. 

 

A la fois pop, efficace, mélodique organique, et traversé par les thématiques des dualités et des ambivalences, le second album d' Hildebrandt  évoque l'humain dans sa pluralité et épouse cette thématique avec ce projet musical hybride  à cheval sur plusieurs genres... musicaux !

Hildebrandt cherche  en effet un  équilibre  périlleux sur le papier entre pop, rock et chanson  pour sonder les frontières des représentations sociales et réussit largement son pari .

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Artiste complet, Hildebrand a , parrallèlement à son disque,  réalisé aussi, îLeL - une île en nous",  un court métrage de 20 minutes  où il  questionné des artistes qui entretiennent chac en lien avec l’insularité.

On y voit notamment François Morel, Dominique A, François Atlas, Lescop, Laura Cahen, Féloche et Halo Maud; des artistes dont il est souvent proche et avec qui il a parfois collaboré, afin d'explorer ensemble avec finesse et force leur relation particulière avec l'insularité.

L'artiste de la Rochelle  réussit à sonder ce qui fait que ces artistes recherchent dans une île, et la grande poésie qui se dégagent de ces lieux où on est tout seuls face à l'immensité du monde. 

C’est un court métrage de 20 minutes que l’on peut voir en complément de ses concerts et qui est désormais accessible sur You Tube. Un bon bel d'air idéal en cette période de confinement.