Baz'art  : Des films, des livres...
14 avril 2020

Rencontre Musique : quand Cyril Mokaiesh se confie dans une interview ...confinée!

 jour apres

 Alors que son nouvel album "Paris-Beyrouth » est disponible depuis le 10 janvier dernier (voir notre chronique ici),   Cyril Mokaiesh semble être dans une période d'inspiration particulièrement fertile puisqu'il nous a dévoilé la semaine passée un titre confiné inédit intitulé « Le jour d’après » et qu'il a chanté en compagnie  de son jeune fils de 10 ans.

Cyril,  qu'on défend assidument depuis ses débuts à Baz’art,  a profité de cette période de confinement pour publier un morceau inédit particulièrement émouvant et optimiste aussi.

C'était l'occasion idéale pour faire ce qu'on avait envie de faire depuis longtemps avec lui  : une interview par téléphone pour nous parler du confinement mais aussi évidemment de "Paris Beyrouth", son dernier très beau disque écrit, composé et produit entre la France et le Liban.

L'artiste avait manifestement très envie de se confier, pour parler de ses impressions de  confinement, de son album et même de ses souvenirs de son autre vie, celle de joueur de tennis pro..

Et comme on avait envie de lui poser ses questions ca tombait bien !

 

interview Cyril Mokaiesh

Baz'art :  Bonjour Cyril. Avant tout, je tenais à te dire que j'étais très heureux d'échanger avec toi, tant j'admire totalement ton travail depuis tes débuts. J'ai tendance à demander aux artistes avec qui je suis en contact, depuis le 13 mars, leur état d'esprit pendant cette période de confinement. Mais te concernant, j'ai un élément de réponse avec ce titre que tu as présenté sur les réseaux sociaux : « Le Jour D’Après ».
Un morceau qui me semble plutôt gorgé d'espoir, ce qui tendrait à prouver que « l'homme en colère » dont tu parles dans le morceau 'L'origine' de ton dernier album, est loin derrière toi...J'ai comme l'impression que ce confinement ne semble pas te terrifier outre mesure, du moins si on en croit les paroles de ce morceau, je me trompe ?

 Cyril Mokaiesh : Me terrifier, le verbe est fort…non, quand même pas, mais ce n’est pas non plus l’éclate permanente tous les jours faut pas croire (rires)...C'est une période vraiment à part, qui fera à coup sur date dans nos vies individuelles autant que collectives.

C'est un moment propice à la patience, à l'introspection; pour prendre de la hauteur, s'isoler, puiser dans ses ressources.

Effectivement, j'ai rapidement eu cette envie de laisser un modeste témoignage musical avec ce morceau que j'ai eu envie de faire partager aux gens qui me suivent sur les réseaux sociaux. 

J'ai longuement pensé à ces gens qui souffrent, aussi à ces soignants qui donnent tout pour les sauver et nous qui sommes entre les deux.  

Et j'ai eu envie de penser plutôt aux lendemains que j'espère heureux, avec cette envie de nous retrouver qui nous étreindra lors de cette grande libération à venir.

J'ai envie de penser que cette période confinée nous rendra plus forts, que cela nous aura recentré sur des choses intimes,  que cela va éveiller des consciences sur pas mal de choses, et j'avais envie de mettre tout cela dans ma chanson. 

Baz'art : La découverte de ce morceau est d'autant plus émouvante que tu l'interprètes avec un invité spécial, à savoir ton fils de 10 ans, dont ceux qui connaissent bien ta discographie ont déjà entendu parler puisque tu en parles sur certains morceaux comme "32, rue Buffaud" ou "Clôture"...A quel moment as-tu pensé à associer ton garçon à ce titre confiné ?

Cyril Mokaiesh : Cela s'est un peu imposé à moi, tu sais (sourires).

Lorsque tu vis à deux confiné 24 heures sur 24 dans un appartement qui n'est pas bien grand, forcément l’espace est un peu réduit et ton degré d'intimité est plus faible.

 Si tu te mets à faire de la gratte et chantonner un peu, la personne qui vit avec toi va forcément l'entendre et s'y intéresser (rires)... 

Comme tu connais mon titre "32 rue Buffaud », tu sais que je suis séparé avec la mère de mon fils, on a la garde partagée, et je l'avais donc avec moi la semaine où j'ai créé le morceau.

Pendant cette période de confinement, j'ai, comme beaucoup de parents, appris à jouer les professeurs, c'était pas toujours évident à gérer, mais j'ai eu pas mal de moments privilégiés avec lui, et alors que j'étais sur ma table de travail à composer le morceau, le fiston a commencé à s’intéresser à ce que je faisais.

Tout doucement, il commence à s'intéresser aux arts, il dessine un peu et également à la musique, il a commencé le piano il n'y a pas si longtemps, il a quelques notions de guitare et cela a l'air de lui plaire.

Je ne le force en rien, mais du coup je lui ai demandé s'il voulait être associé à ce morceau, histoire de jouer les choristes, car c’était un titre où il me fallait un choriste.

Au début, il l'a fait non sans une certaine timidité puis, assez vite, il a pris plus d'assurance et finalement, il a semblé apprécier le moment.

Et sur les réseaux sociaux,  j'ai eu pas mal de retours très bienveillants de gens qui, comme toi, connaissait mon fils grâce à mes chansons, et étaient heureux de voir à quoi il ressemblait....

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Baz'art  Tu parles de cet appartement parisien que tu connais dans les moindres détails depuis le confinement, je ne peux m'empêcher de penser  à ce morceau Pardon Paris dans ton dernier album où tu exprimes ton ras le bol de ta vie parisienne..  "Pardon Paris, c’est ainsi qu’on se quitte, pardon Paris pour tout l’amour en fuite"… Désolé de relever l'ironie de la situation, mais j'ai l'impression que le clip de ce morceau est sorti juste au moment du confinement, non? Ce Paris à qui tu dis adieu, tu vas être obligé de te coltiner encore un peu, il me semble ( rires)

Cyril Mokaiesh : Si si..Si j'avais voulu le faire expres j'aurais pas fait mieux...(rires) Et pour en rajouter dans le côté " idée  à la con" que j'ai eu avec ce morceau, on a voulu faire un clip qui est une référence au film " Un jour sans fin" avec Bill Muray où le mec revit tous les jours la même journée que la veille, c'est pas un peu ce qu'on fait depuis le confinement, ça? Non, franchement, je te jure (rires)..

Mais  pour répondre plus sérieusement à ta question, j'entretiens  une relation  assez passionnelle avec Paris .

Par moment, j’étouffe totalement dans cette ville, elle me donne l'impression d'étouffer; c'était le cas quand je suis parti au Liban et que j'ai écrit le morceau.

Mais là, on va dire que ce confinement contraint n'est pas trop mal tombé car c'est arrivé à un moment où j'avais de nouveau une belle histoire d'amour avec Paris.

Je commence à réapprendre à aimer la vile et j'apprends à faire pareil avec cet appartement que j'ai un peu redécouvert à cette occasion.

Tu sais, j'ai la chance d'avoir mon frère et ma soeur qui vivent dans le même immeuble que moi donc on donne des rendez vous quotidiens et je pense beaucoup aux autres,  à ceux qui souffrent, je me dis qu'on a la chance d'avoir un " chez nous", ce qui n'est pas le cas de tout le monde..

Baz'art : Dans le morceau « L'origine » qui ouvre ton album Paris Beyrouth, tu reviens sur ta première carrière, celle d'un ancien champion de tennis "J’étais un enfant de la balle qui collectionnait les coupes Un mini gendre idéal, mèche au vent, et vent en poupe ». J'avais entendu parler de  ta carrière de tennisman précoce, mais je viens juste d'apprendre que tu avais joué Rolland Garros Junior et que tu avais failli battre un certain Robin Soderling, finaliste à Rolland Garros quelques années plus tard, ce n’est pas rien quand même. Tu poses quel regard, presque vingt ans après,  sur ce jeune champion que tu étais : tu arrives à te dire que tu ne formes qu'une seule et même personne ? 

Cyril Mokaiesh : Ah oui c'est le même bonhomme je te confirme (rires). Celui d'aujourd'hui est juste un peu plus marqué, forcément il ne collectionne plus les coupes comme je le dis dans le morceau mais plus les coups, au coeur et à l'âme, si je peux dire.

Disons que je regarde ce jeune homme avec pas mal de tendresse; j'étais un jeune obnubilé par le sport, d'ailleurs pas du tout poussé dans la compétition par mes parents qui regardaient cela d'un œil assez inquiet...

J’ai eu pas mal de bons résultats au tennis , j'ai été champion de France juniors en 2003, je me souviens bien de ce match contre Soderling dont tu parles j'avais pris une belle volée au premier set (6/0) et m'étais un peu rattrapé par la suite (7/5), c'est sur que c'est un des joueurs les plus forts que j'ai jamais rencontré et peu de temps après ce matche, j'ai arrêté ma carrière. 

Tu sais, j'étais un jeune homme très sentimental, souvent très amoureux et aussi très émotif; ce qui n'est pas forcément très compatible avec une carrière de joueur de tennis professionnel.

Tous les très grands joueurs savent garder la tête froide, ce qui n'était pas mon cas. Sincèrement je n'avais pas toutes les cartes en mains et je n'étais pas prêt à faire les efforts nécessaires pour m'imposer tous les sacrifices inhérents à ce métier.

Au même moment, la musique a commencé à bien me botter et c'est dans cette discipline là que j'ai mis cette sensibilité débordante, qui pour le coup, pouvait être un atout.

J'ai appris aussi qu'une des toutes premières chansons que tu as écrites et composé c'est le morceau Un cèdre au Liban, qui figure dans ton second album L'amour qui s'invente...Un morceau qui préfigure déjà ton récent album Paris Beyrouth puisque tu parles déjà de ton envie d'aller voir du côté de tes origines libanaises, non ?

Cyril Mokaiesh :  Oui, tout à fait ...j'ai conçu ce morceau quasiment au même moment où je sentais que je n’allais pas m'investir à 100 % dans le tennis. Je me souviens très bien encore le moment où j'ai chanté  pour la première fois ce morceau, un peu tremblotant dans le couloir à ma famille.

Je me rappelle aussi très bien de l'émotion de mon père, qui n'avait pas vu d'un très bon œil mon envie de vivre du sport et encore moins mon virage à 180 degrés dans la musique (rires) et qui là  semblait vraiment touché par ce que je faisais..

J’avais évidemment énormément de doutes à ce moment-là, je ne pouvais savoir que 15 ans plus tard, je vivrais- tant bien que mal mais vivrait quand même- de ma musique, donc revenir sur ce moment-là est assez émouvant en effet...

Et je suis fier de ce morceau, c'est pour cela que bien des années plus tard j'ai voulu la mettre sur mon album, et effectivement elle préfigure pas mal ce Paris Beyrouth.

Mais ce n'est pas à ce moment-là que tu as eu envie d'aller totalement explorer tes racines libanaises comme tu l'as fait avec cet album "Paris Beyrouth "?

 Cyril Mokaiesh : Ah non, pas à 18 ans, évidemment, je n'étais pas vraiment " fini » à ce moment là ( rires).

Jusque-là, j’allais au Liban en simple touriste pour aller voir ma grand-mère qui vit toujours là-bas, mais en effet ce n'est que l'année dernière que j’ai ressenti le moment d’aller ouvrir la porte du Liban et de m’y plonger réellement.

C'était le moment idéal, à 35 ans, de  me réveiller avec d’autres parfums, d’autres gens.

Le moment idoine pour partir vers une quête intérieure et extérieure aussi, parce que j’ai eu la volonté  d’en ramener quelque chose, de ce pays et également ce désir de donner envie aux gens d’en savoir plus, de se laisser porter par un voyage un peu profond et spirituel.

C’est une culture que j’ai en moi depuis toujours mais c’était une porte que j’avais vraiment ouverte et là c’était l’occasion de passer du temps là-bas, de fouiller dans des albums photos, de me balader, de rencontrer des gens, de  tenter me sentir à ma place, même si  comme je te l'ai dit, j'ai ce sentiment de ne jamais tout à fait bien là où je suis.

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 Baz'art Tu as réalisé de très belles rencontres musicales- et sans doute humaines- au Liban avec des artistes libanais dont la collaboration nourrissent ton album.  Je pense notamment au pianiste Bachar Mar-Khalifé pour le sublime "la vie est ailleurs". Est ce qu'on peut dire que le dialogue piano voix que tu fais avec lui est du même acabit que celui de ton fidèle complice Giovanni Mirabassi avec qui tu avais travaillé pour ton magnifique disque "les Naufragés" ?

Cyril Mokaiesh : Ah non ce n'est pas exactement la même chose : avec Giovanni,  on est devenus des amis au fil du temps et de nos collaborations, on a fait vraiment à quatre mains cet album dont tu parles, et une tournée qui a suivi, ça forge des liens, forcément.

Giovanni m'a énormément apporté en tant qu'humain et en tant qu'artiste : il  m'a élargi mes horizons sur toute une partie de la chanson française, ces poètes maudits que je ne connaissais pas, mais également sur une grande partie de la musique jazz que j'ignorais.

Pour Bachar Mar-Khalifé, la rencontre fut plus brève mais pas moins intense et fructueuse. Son père était un immense chanteur libanais, lui fait l'essentiel de sa carrière en France et c'est en France qu'on a enregistré la Vie est ailleurs.

Dans ses disques; il chante en arabe et au départ, j'avais prévu de le faire chanter en duo sur ce morceau mais c'est lui qui a préféré me proposer une réponse au piano à mon texte.  Et c'est vrai que cet échange piano voix la donne une vraie profondeur au morceau. 

Bachar est un artiste imprévisible et qui possède une palette créative immense, il ne joue jamais deux fois la même chose au piano, je suis vraiment satisfait de cette collaboration, en effet. 

 Baz'art : Autre participation marquante dans ton disque, celle avec la comédienne libanaise Razane Jammal, que je connaissais un peu car elle a joué chez Assayas (Carlos) ou Guédiguian (Une histoire de fous) ...Comment a commencé cette collaboration avec quelqu'un qui n'avait jamais chanté, si je ne me trompe pas ?

Cyril Mokaiesh : En effet, Razane chante pour la première fois. J'avais envie, pour ce morceau,  plus d'une comédienne que d'une chanteuse pro.

Je voulais une voix féminine qui scande ce texte un peu dur, en même temps que moi, comme une sorte d'écho et quand j'ai commencé à lister les comédiennes libanaises, au moment où j’écrivais mes chansons, je suis vite tombé sur son nom.

J'ai ainsi pu la remarquer dans le court métrage de Kanye West, Cruel Summer, ensuite j'ai téléchargé le film d'Assayas dans lequel je l'ai trouvé formidable et très vite j'ai eu envie de la contacter par Instagram (rires).

Elle a vite accepté ma proposition, malgré des craintes légitimes au départ, vu que c'était une première pour elle.

Des craintes qui se sont vites estompées, car j'ai très vite vu que ce mélange de nos deux voix collées l’une sur l’autre matchait bien.

On a tourné le clip récemment ensemble, et je trouve que cette belle complicité entre nous se voit bien dedans..

 

 Une autre collaboration qui m'a énormément touché dans ton album, c'est avec l'ensemble vocal Cantamici sur deux titres, "Le cantique des oiseaux" et "Mater Vitae" qui apporte une profondeur spirituelle à ces morceaux. Tu peux m'en dire quelques mots ?

 Cyril Mokaiesh : En fait, il faut que tu saches que, pendant toute la création de l'album j'ai été accompagné par le poème soufi du Perse Farid al-Din Attar le Cantique des oiseaux.

Dans ce texte, il est question d'un vol d’oiseaux qui fugue pour accéder à une forme de sagesse, qui passe par sept  vallées différentes et qui doit traverser un certain nombre d’épreuves. 

 Ce poème comporte notamment ces mots : «Tout est affaire d’envolée, de lyrisme, de vibrations solaires ; seule la beauté du geste nous anime. »

Avec mon fidèle comparse, Valentin Montu, qui, pendant que j'étais au Beyrouth,  s'occupait de la réalisation de l'album à Paris,  j’ai essayé de faire en sorte que ces principes accompagnent tout le disque, que seule cette fameuse beauté du geste donne un élan à l’ensemble.

Car avec ce disque, j'ai eu cette envie de me recentrer vers des choses spirituelles et un peu moins politique et social que d’habitude.  Par exemple, pour ces deux morceaux dont tu parles, je tenais à ce qu'il y ait en effet une dimension spirituelle forte.

J'ai donc cherché un ensemble vocal qui puisse porter ces poèmes et même les transcender.  Cantamici, c'est un ensemble vocal formé d'une quinzaine de chanteurs issus du chœur de Philippe Caillard (voir le site du groupe ici)Le groupe  chante beaucoup dans les églises, avec un répertoire souvent baroque, mais dès que je les ai contactés ils sont manifesté leur vif intérêt pour mon projet. 

Et je trouve qu'on a pas mal réussi notre coup sur ces deux morceaux : la dimension spirituelle et poétique de ces titres est bien présente, pas vrai?

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 Baz'art ; Ah si tout à fait, ce sont deux morceaux vraiment sublimes, qui s'intègrent parfaitement à l'ensemble de cet album qui donne une dimension encore plus large à ta discographie. Et d'ailleurs, j'ai une question par rapport à ce disque et ton oeuvre dans son ensemble. Est-ce que cet album, qui est sorti il y a maintenant presque trois mois a permis d'élargir ton cercle de fidèles ? A sa sortie, je me souviens que tu avais eu d'excellents papiers de la part de la presse généraliste, de Libération au Figaro- ce qui est déjà un exploit de les rassembler (rires)- et chacun de ses articles espéraient que cela serait enfin l'album qui permette au grand public de te découvrir car ce n'est pas normal que tu ne sois pas soutenu par un plus large public ...Alors, Cyril, dis moi que c'est bon, maintenant tout le monde te connait enfin ?

Cyril Mokaiesh : (Rires). Ah non, je ne pense pas, cela se saurait si c'était le cas, tu ne penses pas ?... Non,  plus sérieusement, j'ai évidemment lu ces articles dont tu parles, et à chaque fois je suis assez fier de voir que de très belles plumes prennent la peine d'écrire sur moi et en plus, écrivent de très belles choses dessus.

Tous les artistes ne sont pas soutenus de la même façon par ce genre de médias, donc très sincèrement cela fait du bien à mon égo qui en a bien parfois besoin...

Mais quand je lis ce genre d'articles, je me dis aussi que quand le journaliste ne comprend pas pourquoi pas plus de monde ne s'est intéressé à ce que je fais, c'est un peu lui-même qu'il remet en cause,  puisqu'il n'aura finalement pas réussi à convaincre ses lecteurs d'aller voir de mon côté.

Mais sinon, si je prends le recul nécessaire pour réfléchir à cette question, je me dis que ce que je fais est quand même un peu exigeant. Je change un peu de genre à chaque projet différent : sur chaque album,  j'essaie d'apporter une nouvelle pièce au puzzle que pourrait constituer, n'ayons pas peur des grands mots, une certaine cohérence à mon "œuvre".

Mais ces pièces peuvent être un peu disparates, j'en conviens forcément :  ici un album très lyrique et romantique, l'autre des standards au piano voix de chanteurs oubliés,  là un album très engagé socialement, encore là une ouverture à  un mélange de musique électro et orientale,bref je peux comprendre que les gens qui arrivent dans cet univers soient un peu décontenancés et n'accrochent pas plus que cela..

Si je garde une certaine constance dans mon parcours, c'est peut être en gardant à l'esprit l'idée selon laquelle on peut essayer de  faire passer des messages grâce à la forme et à un style, qui se rapprocherait d’un style poétique. Cela n'est pas toujours évident à s'approprier pour tout le monde.

Sans me comparer à lui, j'ai pas mal écouté ces derniers jours - j'ai le temps pour le faire,  tu me diras- un type comme Bashung,  notamment son dernier album posthume "En amont » à côté duquel j'étais passé à côté à sa sortie ;  et j'aime à me dire qu'il a mis du temps à ce que toutes les planètes s'alignent en même temps pour lui mais il y est  quand même  arrivé !

Ainsi, les jours où je vais bien, je me dis que pour moi aussi, les pièces du puzzle vont un jour parfaitement s'imbriquer et que ce jour-là, le public pourra décider d'y jouer avec (rires)... 

Les jours où en revanche,  ça va un peu  moins bien, je me dis qu'avec ce métier qui est devenu tellement difficile - nous sommes loin de l'heure gloire de la chanson française, ne nous leurrons pas- j'arrive  simplement à donner un peu de bonheur à quelques milliers de personnes, j'arrive aussi tant bien que mal  à vivre de ma musique, bref cela me contente et cela ne sert à rien de viser la lune.(rires) 

Baz'art : Cyril, je suis sûr que c'est l'hypothèse des jours où ça va bien qui va l’emporter. Comme les journalistes de Libération ou Figaro, j'y crois à fond !

Cyril Mokaiesh : Eh bien si tu le dis cher Baz'art, on va y croire, avec toi, forcément .. Ah, ça m'a fait du bien de te parler pendant ce confinement, ma parole.. (rires) !

Baz'art Ah c'est sympa ça, merci beaucoup Cyril et très bonne poursuite du confinement ! 

 

 Nouvel album "Paris-Beyrouth" disponible sur toutes les plateformes de téléchargement 

Cyril Mokaiesh sera en tournée en France pour la rentrée et notamment à Lyon au Ninkasi Kao le 4 novembre prochain 

 Crédit photo : Tamina Manganas 

 Et vous pouvez retrouver les lives en direct de Cyril sur sa page facebook  

 

Edit le jour d'après est désormais disponible en clip :

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