parle diable

  – Tu as été contaminé, s’empressa d’ajouter Parks. Je ne sais pas comment ton oncle s’est débrouillé pour faire ces esquisses, mais il ne fait aucun doute que tes yeux ont vu une chose sur laquelle ils n’auraient jamais dû se poser. Tu es en train de te pétrifier lentement, mais surement, et tu mourras bientôt comme ce pauvre Grandin – à moins que tu ne détruises  le tableau par le feu, ce qui est aussi mon intention dès que j’aurais mis la main dessus. Tu vois que nos intérêts convergent. »

Géo, l’oncle d’Aimé Grandin, connaissait du beau monde, faussaire de génie,  Picasso, Soutine, Modigliani et Max Jacob étaient ses amis. A sa mort, il lègue à son neveu pas mal de dettes et une boite au contenu mystérieux, un calepin, une drôle de clef et un puzzle cabalistique. Mais au fait, se demande le jeune homme, de quoi est mort tonton Geo ? Quelle est cette  étonnante maladie  qui lui a pétrifié le corps ?

Paris 1917, Aimé Grandin, qui a passé ces trois dernières années à éviter de partir pour « la der des ders », se retrouve dans une sacrée aventure. Retrouver un tableau maléfique volé à des sorciers en pleine préparation d’un super sabbat ce n’est pas banal.

A découvert dans les rues de Paris, il doit aussi tout faire pour ne pas se retrouver dans les tranchées de l’est du pays où la guerre fait rage. Aimé tu vas devoir te méfier de tout le monde et tu n’es pas au bout de tes surprises, Lucifer en personne pourrait faire une courte apparition.

«  Pourquoi ne pas accepter l’existence de mondes spirituels ou infernaux ? La belle affaire ! Géo Grandin y croyait bien, lui, à l’instar d’une majorité d’êtres humains sur la planète. En revanche, ceux qui avaient une expérience directe de ces choses devaient nécessairement être peu nombreux. Autrement, la sorcellerie serait aussi répandue que les moteurs à explosion ou l’électricité – or, ce n’était pas le cas. Comme Parks l’avait laissé entendre, ce type de connaissance devait demeurer l’apanage d’une poignée de privilégiés, cachée au commun des mortels, qui faute de quoi disposeraient d’un moyen par trop efficace pour s’affranchir du joug de leur condition misérable, si essentielle aux desseins des puissants. »

 Roman fantastique qui plonge le lecteur dans la France de ce terrible début de XXème siècle. Sorciers, succubes et incubes, gorgones à l’infernal appétit, sèment dans Paris des cadavres pas toujours exquis mais souvent  pétrifiés.

Roman surréaliste mais aussi vrai récit historique qui tente d’expliquer la barbarie du monde. «  Quand on parle du diable » est malin, ésotériquement scientifique, diaboliquement littéraire, historiquement démoniaque et au final diablement humaniste.

 Un roman à lire en écoutant « Sympathy For The Devil » des Rolling Stone ou en buvant du « Champagne » comme dirait Higelin :

  ….Pleased to meet you…I hope you guess my name…But what’s puzzling you is the nature of my game….

 

 

Quand on parle du diableJoseph Denize, Julliard 2020