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“Dans toute affaire, il y avait des faux témoignages, songea-t-il en laissant couler l’eau. Non pas parce que des gens mentaient sciemment à la police, mais parce qu’ils se figuraient avoir vu des choses qu’ils n’avaient en fait pas vues. Les témoins confondaient actes imaginés et actes réels. La mémoire était influencée par des expériences passées, par les propos d’autres personnes, par la manière dont les questions étaient posées.

Même en ayant assisté aux évènements, on pouvait passer à coté d’éléments cruciaux. C’était tout à fait normal. Le cerveau humain n’était pas conçu pour les souvenirs détaillés et, en situation d’interrogatoire, on attendait souvent de notre mémoire des performances irréalistes.”

Le parrain régional que l’on a retrouvé mort au bas des escaliers de sa cave, un meurtre au coupable trop évident et une disparition non élucidée, c’est beaucoup pour une petite ville de la côte Sud norvégienne.
En ce début d’été, l’inspecteur William Wisting patine dans la semoule, l’enquête sur la disparition  inquiétante d’un chauffeur de taxi est au point mort. Il faut dire qu’il a aussi d’autres préoccupations, sa fille Line, qui est revenue vivre tout près de chez lui, est en congé maternité, la naissance est prévue dans quelques semaines.
Un rayon de soleil pour ce quinquagénaire solitaire.
Une amie d’enfance de Line de retour à Larvic et un coup de fil opportun de son ex, et voila William, les pièces du puzzle arrivent au compte goutte, à toi de les assembler, mais méfie toi tout de même dans ton entourage certaines personnes n’ont pas du tout envie que la vérité éclate.
 
Une enquête bâclée, un faux coupable idéal et des policiers ripoux, pas grand chose de neuf  dans le polar Nordique, mais reconnaissons à Jorn Lier Horst un vrai sens du récit et une profonde connaissance du milieu qu’il décrit. Vingt années d’expérience en tant qu’inspecteur spécialisé en homicide lui permet de nous rendre compte parfaitement des rouages du système policier et judiciaire de son pays .
Les tendres rapports père/fille qu’entretiennent William et Line apportent de la douceur dans une enquête plan-plan qui égratigne gentiment le mythique “Norway way of life”.
On voit bien que  Horst en vieux routier du genre  veut tordre le coup aux clichés du polar : le flic dépressif et alcoolique avec problème familiaux..
En ce sens, son personnage  est plutôt réussi, un policier veuf qui ne boit pas et à des rapport tendres avec sa fille qui elle-même ne se drogue pas et a un travail intéressant..
Mais l’enquêté est très classique et sa résolution est sans surprise.... 
.Le disparu de Larvik est un  bon polar d’été , sans se fatiguer, ni plus ni moins ....

Le disparu de Larvik; Jorn Lier Horst; Serie Noire