142303_couverture_Hres_0

 "Deux jours plus tard, Avri m'appelle dès le matin et me dit qu'il a peut- être quelque chose, mais que c'est compliqué. Je lui réponds que je prends même si c'est cher. C'est juste pour une fois c'est particulier, et il me faut à peine un gramme. Je n'ai pas dit que c'était cher, s'énerve Avril, j'ai dit que c'était compliqué. Dans quarante minutes, viens au 46, rue Carlebach et je t''expliquerai."

Edgar Keret, excellent écrivain israélien,  reconnu notamment pour ses nouvelles au style kafkaïen, avait tenté avec sa compagne Shira Geffen. une première expérience cinématographique particulièrement réussie avec leur long métrage les Méduses,  Caméra d’or au festival de Cannes 2007.

Récemment  on a eu l'occasion de découvrir sa série L'agent Immobilier  avec ces mêmes inclinaisons pour un réalisme poétique qui  flirtait assez souvent   avec l’absurde.

On retrouve ce même univers dans son tout dernier recueil de nouvelles "  Incident au fond de la galaxie » qui vient de sortir aux éditions de l'Olivier.

Ce féru de Kafka n'aime rien de plus qu'inscrire ses écrits dans une veine où le réalisme s'empreint d'une teinte légèrement surréaliste.

Dans ces 22 nouvelles certaines bien axées science-fiction  et d'autres plus ancrées dans le réel, Keret défile son style inimitable, entre décalage permanent et gravité sous jacente.

Joliment traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech,  ces nouvelles, qui sont parfois de profondes réflexions sur le deuil et la solitude  sont souvent sensibles et sincères et touchent au coeur! 


 Incident au fond de la galaxie » (Takala bekatze hagalaksia), d’Etgar Keret, traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech, L’Olivier, 240 p., 21,50 €, numérique 16 €.