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"Ce qui manque le plus une fois dans Paname ce sont les détails. Les façades par exemple. Ici elles transpirent de la crasse et du lierre, parcourues par une gouttière qui fait comme une veine, courant sur la saleté. C’est pour cela que j’aime tant la grisâtre. Le contraste s’exprime ailleurs. Dans la capitale des affichages sont propres et les rues sont sales. La grisâtre ne ment pas. Elle tombe droit sur les gens, droit sur les âmes.

 On se souvient bien de Hector Mathis et de  son premier roman en 2018, "K.O.", premier roman coup de point, écrit d’une langue alerte, slamée qui attirait largement l'attention.

Carnaval, publié deux ans après,  est la suite de  cet uppercut qu'était "KO".

On suit donc le même personnage dans les moments phares de sa vie mais en même temps ce second roman peut se lire indépendamment du premier car on rattrape rapidement les wagons.

On retrouve donc le héros de KO, Sitam, enfermé dans une maladie incurable, la sclérose en plaques qui , éloigné de ses proches va chercher à retrouver sa Capu qu'il veut retrouver avant de mourir.

Ne la retrouvant pas, il reçoit un jour un appel d'un ancien ami à lui qui lui annonce la mort soudaine d'un de ses proches. Sitam va alors quitter la capitale pour revenir dans sa banlieue natale.

Un pelerinage qui va amener Sitam a revenir en arrière et se se remémorrer des  années de délire et de déconne, lorsqu'il faisait  les 400 coups avec sa bande de copains malgré la misère et les épreuves ,  des années si loin et si proche à la fois.

Le titre du second roman d'Hector Mathis a beau être festif, on est plus proche du KO du premier mais on conserve une musicalité et un coté défilé des ames blessées que le Carnaval du second convoque  : il faut dire que Mathis est toujours fidèle à sa plongée  en apnée,et un style tres vivervoltant, ave  débit-mitraillette.

 On sait qu' Hector Mathis a quitté le milieu du rap quand il a découvert le roman., il en reste néanmoins fidèle à la rage et à un style très dansant .

Carnaval, Hector Mathis, Bichet/ Chastel, août 2020, 16 €