Les éditions la Goutte d'or , maison d'édition indépendante, située dans le quartier du même nom à Paris, existent depuis quelques années seulement mais occupent incontestablement une place déjà remarquée et remarquable dans le secteur ..

Leur ligne éditoriale : la publication de livres d’immersion qui emmènent le lecteur dans «un univers de marge, mal connu et fantasmé»,.

La sortie de deux livres coup sur coup en cette rentrée littéraire- un en grand format,  l'autre en poche -  les  place plus que jamais , à la une de l'actualité : 

 

 1.Flic. Un journaliste a infiltré la police; Valentin Gendrot

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"Je rentre mon ventre pour fermer mon pantalon bleu marine.Après 15 ans d'inaction à l'I3P, mon corps affuté post école s'est alourdi de quelques kilos. Le froc me serre les hanches . Il est 13h40, samedi 9 mars 2019. Dans vingt minutes, je prendrais mon poste pour la première fois au commissariat du 19eme arrondissement de Paris."

On a beaucoup parlé depuis début septembre du livre du journaliste Valentin Gendrot,   premier journaliste a avoir , pendant deux ans durant, infiltré la police. 

Dans son livre, Flic. Un journaliste a infiltré la police, Gendrot  relate toute son expérience, de sa formation d’adjoint de sécurité - il a passé un vrai concours, celui d'ADS, adjoint de sécurité à son affectation dans un commissariat parisien,

Mettant le focus sur deux thématiques essentielles liées à la police, celles de leur très mauvaises conditions de travail,  et le manque de moyens criant,  aboutissant à un taux de  suicide conséquent,  ainsi que la violence policière et  les insultes racistes et bavures. 

Gendrot est particulièrement passionnant lorsqu'il raconte les mois de formation, forcément réduite au minimum pour de telles missions - la partie  écrite sur les violences conjugales dure 3 heures dont deux sont consacrées au film "Mon roi " de Maiwenn-

Un ouvrage un peu controversé mais le coté immersif et la sincérité de son auteur fait mouche!

2 /ON NE NAIT PAS GROSSE// Gabrielle Deydier 

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Violence c'est le mot qui s'impose, qui hurle presque entre les lignes en lisant le livre de Gabrielle Deydier. 

La violence des réactions des autres, des médecins en particulier mais aussi des proches face au poids. 

La violence des opérations chirurgicales qu'on propose aujourd'hui aux personnes qui ont beaucoup de poids à perdre. J'ai connu quelqu'un qui s'est fait poser un anneau, qui a failli s'étouffer plusieurs fois, qui a du être hospitalisée une dizaine de fois, c'est tout sauf anodin.

La violence de l'image que la société vous renvoie. "Je ne suis pas malheureuse parce je suis grosse. Je suis grosse parce que je suis malheureuse." 

Et c'est peut être ce qui explique aussi en partie pourquoi les régimes ne marchent pas, parce que derrière les histoires de poids, il y a une enfance, une jeunesse, un milieu social, un rapport à la nourriture construit au fil des ans.

Gabrielle Deydié le montre très bien dans sa double investigation revenant sur l'origine de son obésité mais étudiant aussi le rapport qu'entretient la société avec les femmes grosses.

Il y a autant d'obèses hommes que d'obèses femmes mais 80% de ceux qui subissent une ablation de l'estomac sont des femmes. Si cela n'est pas le signe de la pression des femmes vis à vis de leur corps , qu'est ce que c'est ? 

Je ne sais pas s'il est encore disponible en replay mais cet essai m'a remis en mémoire le documentaire d'@artefr , " On achève bien les gros" que je n'ai pas encore vu. 

 Je vous conseille aussi d'écouter l'épisode du podcast Travail en cours de @louiemedia intitulé "Comment nos préjugés empoisonnent-ils la carrière des grosses ?" 

On ne naît pas grosse, c'est bien plus qu'un  simple témoignage.