G03295

 "Nous avons de très gros soucis Tout le département du ­renseignement criminel de la ­police nationale est corrompu et compromis. Il ne fait pas de doute que le procureur général est un homme corrompu et compromis. Que notre ministre de l’Intérieur est un homme corrompu et compromis et qu’il en va de même pour le président de la Répu­blique".

Les capitaines Benny Griessel et Vaughn Cupido sont chargés d’élucider le meurtre d’un ex-policier, chargé d'assurer la protection privée d'une vieille dame millionnaire, survenu dans le train le plus luxueux du monde, Le Rovos qui assure la liaison entre le Cap et Pretoria.

Assez vite, les deux policiers vont se rendre compte qu'ils mettent le doigt dans un engrenage dont ils ne maitrisent pas toutes les nuances.

En même temps, et très loin de l'Afrique du Sud, dans le vignoble bordelais, un ancien de l'ANC va voir son passé revenir soudainement à la surface.

Dans tous les romans de Meyer, l'intrigue policière  de départ est aussi et peut-être surtout,  une excellente façon de nous parler de la société sud africaine, cette Afrique du Sud qui tente, tant bien que mal à retrouver un équilibre précaire et essayer d'effacer, en vain, les cicatrices liées à l'Apartheid tant les frontières économiques, sociales et bien évidemment raciales sont encore totalement palpables et gangrènent encore toute la société.

Dans « La Proie », jeu du chat et de la souris qui nous amène entre Le Cap, Amsterdam Paris et Bordeaux- l'auteur nous chante son amour pour la France et la culture française, Deon Meyer soigne particulièrement ses effets et signe un thriller qui va à trois cent à l'heure, plus rapide que le train qui sert de point de départ à son intrigue. 

L'art de Meyer, c'est en effet et avant tout de parvenir, tout en troussant des enquetes haletantes et pleine de rebondissements et de chausse trappe, de restituer aussi bien l'ambiance de la société  sud-africaine, avec ses espoirs, ses trahisons, et ses déceptions.

 Un thriller ­d’espionnage  addictif à la visée internationale   sous fond de trahisons d'idéaux, de blanchiment d'argent et de corruption. 

Un must du genre ! 

« La Proie », de Deon Meyer, traduit  par Georges Lory, Gallimard, « Série noire », 568 p., 18 €, numérique 13 €.