Distribué en salles en France dès la première semaine de janvier par Eurozoom,  le distributeur spécialiste du film d'animation japonais, On-Gaku : Notre Rock,  présenté dans la sélection contrechamps lors du dernier festival  d’Annecy 2020, a tout pour séduire le spectateur  grâce à un univers complètement déjanté.

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Il aura fallu sept ans exactement au réalisateur Kenji Iwaisawa pour adapter pour son premier long métrage  le manga ON-GAKU : NOTRE ROCK de Hiroyuki Ohashi

Ce n'est pas  forcément parce que cette histoire d’adolescents qui se lancent dans le rock’n’roll, sans savoir jouer,  nécessite à la base la mise en place d'un univers particulèrement chiadé, mais le cinéaste, très perefectionniste, a tenu à ce que l'ensemble de l'animation soit totalement artisanale et faite entièrement à la main.

 

Résultat des courses, le film ON Gaku dégage un coté très  minimaliste, pour ne pas dire simpliste, parfois  même enfantin dans le trait de crayon, mais justement, cette dimension possède l'atout de surprendre le spectateur par le décalage qu'il créé avec la musique pleine de fureur que joue le groupe  Kobujutsu.

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Autour de Kenji- rien à voir avec notre Kendji national-, lycéen  au look d'ouvrirer du batiment (chauve et moustachu ) et particulièrement flegmatique ( qui a dit léthargique?) qui décide sans qu'on en comprenne bien les raisons de fonder ce groupe improbable de rock,  Kenji Iwaisawa croque toute une galerie de personnages hauts en couleurs qui donne à son film un charme et une fraicheur indéniables.

Contrairement à la plupart des films musicaux- et notamment un autre film d'animation japonais Beck, les héros de On Gaku ne semblent pas animés par une passion  transcendatale pour la musique, et cet air de ne pas y toucher renverse bien des clichés et surtout  est une ode à l'amateurisme et au lacher prise qui fait assurément du bien.

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Il faut certes  un petit temps d'adaptation pour se laisser happer par ces personnages quasi inexpressif et mou du genou- on pense parfois à l'univers laconique  et décalé de Jim Jarmusch- mais dès que la musique entre en piste, ON Gaku dégage une énergie et une fantaisie à laquelle il est difficile de ne pas succomber. 

Il est à noter que Kenji Iwaisawa modifie sensiblement sa réalisation lors des séquences  musicales* avec un coté plus surréaliste  et assez audacieux , appuyé par le procédé de la rotoscopie qui amène le film loin du réalisme du début.

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Truffé de clins d'oeil parfois étonnants et souvent amusants,  donnant une autre image de la masculinté traditionnel- très beau personnage féminin de Morita, ce On Gaku est un long métrage d'animation d'à peine une heure dix suffisamment rythmé et singulier pour étonner ...

Une des premières bonnes surprises de cette année cinéma 2021 qu'on espère folle et emballante pour faire oublier la 2020 qui sera  mémorable mais pas pour de bonnes raisons  . 

Le film a été présenté à Annecy - sélection Contrechamp - et a  notamment reçu le Prix de la meilleure musique originale, avec le soutien de la SACEM, dans la catégorie longs métrages 

Il sortira en salles le 6 janvier 2021.

*L'étonnante  musique du film est signée  par les compositeurs Tomohiko Banse, Grandfunk et Wataru Sawabe.