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Fernande Grudet, alias Madame Claude, règnait  dans le milieu de la prostitution très masculin en développant un service de luxe empruntant les codes de la bourgeoisie dans la fin des années 60 sur Paris du monde politique au grand banditisme.

 Madame Claude , proxénète cohabitant avec malfrats et politiques ne pouvait que passionner les créateurs de fiction. Au  cinéma , Madame Claude, c'était , pour ceux qui sont nés dans les années 70 un film de Just Jaeckin. 

En effet, le chantre de l'érotique chic à la française, auteur du célèbre Emmanuelle  avait réalisé  un film érotique assez soft avec Frannçoise Fabian et Klaus Kinski ( sic)  qui a fait les grandes heures du film du dimanche soir de M6 que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre...

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Une oeuvre qui a plus de la Madeleine de Proust que du grand film de cinéma .

On espérait alors que Sylvie Verheyde, qui raconte à son tour  l’histoire de la célèbre tenancière de bordel parisienne, réalise un biopic à la hauteur de son sujet, mais, malheureusement,  la réalisatrice de Sex Doll ou de Confession d’un enfant du siècle  ne convainc pas beaucoup plus .

Cette production française ambitieuse sur un sujet sulfureux mêlant proxénétisme et politique semble en effet être un projet bien trop grand pour les épaules de la réalisatrice, qui parait plus rouée à  traiter de sujets intimistes et qui ici, semble passer  complètement à côté de son sulfureux sujet.

L'actrice Karole Rocher incarne "Madame Claude" dans le dernier film de Sylvie Verheyde, 2021

 Jamais Sylvie Verheyde  semble savoir comment traiter son sujet ni sous quel angle aborder son personnage.  

Résultat des courses : elle  passe  son temps à éviter son sujet, sans que jamais le souffre et la tension inhérente à son  sujet ne se ressente sur le ( grand devenu petit par la force des choses) écran.

 Rien ne nous permet de ressentir la puissance du désir suscité par les protégées de Madame Claude et rien non plus  ne transparaît de la tension permanente ni de la double personnalité de son héroïne, qu'une inutile voix off, étouffe encore plus .

D’un sujet sulfureux, Sylvie Veyrheyde n'en tire qu'un biopic convenu qui lorgne parfois vers le téléfilm avec des éllipses difficilement compréhensibles et des scènes qui semblent collées les unes aux autres sans réel fil conducteur et une intrigue qui lorgne vainement vers le polar de papa ou des intrigues sentimentales peu follichones.

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Dommage pour certains comédiens qui offrent une prestation plutot brillante dans des personnages secondaires comme  Hafsia Herzi, Philippe Rebbot  ou  Pierre Deladonchamps sans oublier  la Garance Marillier de Grave,  qui dévoile une belle nuance de jeu dans un rôle fictif, personnage qui s'avère être  le plus interessant du film, mais qu'on ne voit finalement pas assez. 

Ainsi, malgré sa belle promesse, jamais l’ambition et la complexité  de Madame Claude n'est rendue palpable par la réalisatrice.  

Bref on est loin de l'Appolonide de Bonello. Encore un film de cinéma qui passe directement par la case Netflix qui s'avère être une belle déception... A qui le tour? 

Un film mis en ligne le 2 avril par Netflix.