Entre un écho à ses propres souvenirs et un puissant désir d’avenir, CANAL+CINÉMA dévoile dès ce lundi soir une semaine consacrée à l'adolescence au cinéma intitulée " LA VRAIE VIE DES ADOS en sept films exclusifs et un doc inédit LES ADOS, TÊTES À CLAP!

On a vu le documentaire et les sept films au programme, on vous les passe en revue de suite :

  • LES ADOS, TÊTES A CLAP! Lundi 26 avril à 22H25 sur CANAL+CINÉMA Documentaire inédit de Patrick Fabre (2021 - 52’ - France).

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Ce documentaire de 52 minutes explore la représentation de l’adolescence dans le cinéma français et montre tout du long que le genre se prête aussi bien au cinéma d’auteur qu’au cinéma populaire grand public.

Patrick Fabre-également directeur de deux festivals importants, à Angoulème et Saint Jean de Luz,  montre bien que la manière de filmer l’adolescence est  étroitement liée à l’évolution de la société.

Dans les années 70, le sujet était abordé comme un souvenir nostalgique, avec le succès immense du film Diabolo Menthe de Diane Kurys, qui aura  ensuite permis l'éclosion de quantités de films sur le sujet,  au début des années  80  avec des films comme La Boum ou à Nos amours qui auront révélé de grandes actrices comme Sophie Marceau ou Sandrine Bonnaire. ,

Les années 90, ont quant à elles, révélés de grands réalisateurs,  via les films adolescents comme Cédric Kahn ou Cédric Klapisch qui livrent des interventions trop courtes mais passionnantes sur les films Trop de Bonheur et le mythique Le Péril jeune .

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Et désormais, on voit que  les films sur l'adolescence reposent davantage sur l’évocation de problèmes sociétaux comme dans les films de Philippe Faucon ou de Céline Sciamma ou plus récemment encore comme dans le très beau.Slalom, de Charlène Favier, ou dans Mignonnes, de Maïmouna Doucouré.

A travers l’adolescence, le cinéma d'aujourd'hui essaie plus que jamais de poser un regard aiguisé et percutant sur la société française.

Ce très intéressant documentaire bénéficie par ailleurs  du  concours de nombreux invités dont les interventions sont souvent pertinentes et bien amenées : Diane Kurys, Maïmouna Doucouré, Benjamin Voisin, Suzanne Lindon, Marie Gillain, Céleste Brunnquell, Cédric Klapisch, Cédric Kahn,  et d'autres encore... 

Notre note :  3.5/5 

 

Chroniques des 7 films inédits présentés sur Canal + cinéma : 

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  •  Lundi 26 avril : TEEN SPIRIT de Max Minghella, INÉDIT

Ce qu'on en pense : 

Premier passage derrière la caméra du comédien britannique  Max Minghella  (vu dans The Handsmaid'tales).

 Le scénario qu'il a écrit lui même évoque l’ascension fulgurante d’une jeune star de la chanson  à travers l'univers des télé- crochets (on pense beaucoup à la recherche de la nouvelle star).donc ne brille pas forcément par une folle originalité.

Toute la première partie se déroule dans l'île anglaise de Wight et on aime beaucoup cette part du film où cette jeune fille- Elle Fanning- à son aise dans un rôle plus dramatique qu'à l'accoutumée-  qui vit seule avec sa mère dans une ferme et qui fait la rencontre d'un ex tenor croate qui va lui servir de mentor (l'acteur slave Zlatko Buric,  très émouvant dans ce rôle).

Max Minghella soigne particulièrement l'univers visuel du film , très ouaté, bleuté,  assez onirique.

Dommage que le cinéaste semble avoir un peu de mal à tenir son récit, le film perdant quelque peu en consistance dans sa seconde partie..

Notre note :  3/5  

  •  Mardi 27 avril : ÉTÉ 85 de François Ozon, INÉDIT

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Ce qu'on en pense : 

Comment fait-il François Ozon pour ne jamais rater un film et devenir sans doute un de nos si ce n'est le meilleur réalisateur français en activité?

 Il le prouve en tout cas dans cette sublime autopsie d’un premier amour. 

Mise en scène discrète et pourtant d’une classe folle, direction d’acteurs impeccable, seconds rôles savamment choisis-  notamment une Isabelle Nanty loin des tuche ou Melvil Poupaud en  professeur ambigu- et scénario au cordeau.

Ozon a voulu retrouver le grain de l'image de l'époque et pour cela, fait comme il l'avait fait pour Frantz ou Angel, ses autres films d'époque, il filme en 35mm ce qui donne une dimension singulière, loin du coté lisse et aseptisé du numérique d'aujourd'hui.
Un  véritable chef d'oeuvre !

Notre note :  5/5 

  • Mercredi 28 avril : T’AS PÉCHO d’Adeline Picault, INÉDIT

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Ce qu'on en pense : 

 "T'as pécho"  qui a été très mal reçu par la presse est une jolie surprise, finalement assez loin de ses modèles et encore plus moins d'un American Pie auquel la bande annonce et le titre pourrait faire penser. 

 Dans cette  chronique sur l'adolescence, Adeline Picault  insuffle  un peu d’audace à un récit  initiatique qui pourrait paraitre balisé et convenu et évite joliment surtout le coté grivois attendu, grâce à une bonne dose de tendresse particulièrement bienvenue.

La cinéaste parvient surtout à réunir une bande de jeunes acteurs  inconnus sur grand écran et qui séduit par sa fraîcheur   autour d'un casting adulte dont le trio principal s'avère vraiment réjouissant (Ramzy Bedia, Marie-Sophie Larrouy et Vincent Macaigne) . 

 Si le film n'évite pas toujours les poncifs, surtout dans sa premiere demi heure, cette comédie intergénérationnelle; à la fois drôle et sensible; est plutôt une très bonne surprise pour un film  à apprécier en famille .

Notre note : 3/5

 

  • Jeudi 29 avril : ROCKS de Sarah Gavron, INÉDIT 

 Ce qu'on en pense : 

Cette plongée dans une Angleterre multi-raciale et culturelle, là où Ken Loach nous avait plus habitués à des drames sociaux  plus white qu'ici,  a de quoi surprendre et séduire.

Mais hélas, le poids d’une comparaison/ avec Loach ne plaide pas en faveur du film de  Sarah Gavron; ce dernier manquant quand même de 'acmé dramaturgique et d'une écriture mieux calibrée.

On reproche parfois à Loach son manichéisme mais pas sa puissance émotionnelle et sa qualité d'écriture, atouts ici un peu absent de ce film attachant à l'image de ses  héroines, mais qui reste quand même assez anecdotique.  

Plus globalement, sur ce thème de l'adolescence si souvent usitée au cinéma, le film de Sarah Gavron ne semble pas avoir  grand chose de neuf à nous raconter.. 

 Notre note :  2/5 

 

  • Vendredi 30 avril : PLAY d’Anthony Marciano, INÉDIT

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Réalisée uniquement sous le principe du "found fountage" cher au cinéma d'horreur depuis le projet Blair Witch, Play est uniquement fait sous la forme de vidéos maisons, racontant 25 ans d'une vie, du premier Noël avec la caméra offert par papa aux années 90 de la maturité . 

 Une belle réussite que ce film grâce à une écriture très maligne et une construction narrative très ingénieuse, ce "Play"est une vraie réussite qui procure des sensations dignes d'une chronique familiale du meilleur effet, à la manière du chef d'oeuvre du genre, "le Plus beau jour du reste de ta vie".

On croit énormément à cette bande de potes et à ce qu'ils traversent au cours de ces 25 années de vie, et on sent alors que le tandem de cinéaste/ acteur principal y ont mis énormément de leur vie. 

 Notre note :  4/5 

  • Samedi 1er mai : LES NOUVEAUX MUTANTS de Josh Boone EN AVANT-PREMIÈRE 

Ce que j’en pense :  Celui ci, on en pense absolument rien, car on n'est assurément pas le cœur de cible.
Un Marvel pour les douze/ quinze ans., une sorte de relecture du Club des cinq contre Winnie l’Ourson version X men incontrôlés.
Trauma enfantins, bouleversement de l’adolescence, peur de l’âge adulte comme une resucée un peu épaisse de “Ça”de Stephen King.
Comme toujours dans ce genre de production, les effets spéciaux sont épatants et les jeunes acteurs plutôt convaincants,mais la sauce a vraiment du mal à prendre et rend le spectateur, dubitatif et aquoiboniste...
C’est incroyable qu’autant d’argent et de travail peu paraitre aussi vain et déjà vu en mieux sur un écran... “Les nouveaux mutants” , cela sera vraiment sans nous !

Notre note :  1/5 

 

  •  Dimanche 2 mai : MIGNONNES de Maïmouna Doucouré, INÉDIT

 

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On se souvient de  la polémique malheureuse liée à la diffusion américaine du film sur Netflix et si on ne la partage absolument pas il faut admettre que ce Mignonnes, très apprécié en festival et par la presse nous a un peu déçu.  Niveau mise en scène,  le film convoque quasiment constamment un hypperéalisme banal, comme on en voit  un peu trop dans le cinéma français actuel.  

Outre cette dimension là, le scénario du film est trop ténu, se contentant d'opter pour un schéma trop univoque, avec cette alternance trop régulières de scènes de danse, de scènes de famille et de scènes de bagarres entre filles. 
 Forcément, le procédé finit assez vite par lasser.
Au bout du compte, malgré quelques séquences fortes, on a un peu de mal à bien saisir les actes et les motivations des protagonistes du film.. Dommage 
Notre note :  2/5

   LA VRAIE VIE DES ADOS du 26 avril au 2 mai sur CANAL+ CINÉMA

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