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 « Samuel se montre impuissant à réconforter sa tante avec des mots, ou des gestes, et reste planté là, face à sa détresse. Rien de ce qu’il pourra dire ne changera les choses. Claude fixe la sépulture, hagard, ne lui apporte aucun soutien : il est rongé par la culpabilité, se sent responsable. Mais il sait que quelqu’un a tué Simon pour un paquet de pognon. Lui et Samuel peuvent cristalliser leur rage sur un ennemi. Catherine, elle n’a rien pour évacuer sa souffrance : Simon s’est tué tout seul, parce qu’il roulait trop vite, parce qu’il se pensait invincible. Le seul substitut qu’elle ait sous la main, c’est Samuel, c’est la ferme de Hautecombe. Alors Samuel rentre la tête dans les épaules et encaisse les reproches muets, affronte seul le visage supplicié de sa tante. Les minutes s’égrènent, la bise hurle entre les stèles. Personne ne bouge. »

Une entreprise de travaux publics qui fait la fierté de la région, un vigoureux agriculteur qui peine à la tâche pour faire vivre la ferme familial. Dans cette vallée du Haut-Doubs, derrière la façade d’une  petite ville  prospère, il y a aussi la solitude, le chômage, le surendettement et la drogue qui circule pour faire oublier. La frontière Suisse tout près permet des petits trafics sans risques. Jusqu’au jour où…

 

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Si le trafic de coke m’était « Comté ». Il aura du raisiné dans la vallée, du sang sur la poudreuse et de la schnouff au bord du Doubs, quand les Balkans s’en iront aux champs. Si le trafic de coke m’était « Comté ».

 Nicolas Leclerc écrit sec et froid comme le climat continental du jura. Très documenté, très réaliste, « La bête en cage est polar social et sanglant de très  bonne tenue.

La bête en cage ; Nicolas Leclerc; éditions du Seuil; mars 2021

Nicolas Leclerc sera présent lors des prochains quais du Polar

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