Dans le cadre du prix des lecteurs livre de poche DE JUILLET, on a eu ce mois ci à départager une sélection aussi disparate que de bon niveau 

livre de poche

1.Station Eleven  ; Emily Saint Mandel 4/5

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Station Eleven marque l’entrée de son auteur dans le monde de la science-fiction, alors qu’elle était auparavant plutôt tournée vers le genre du polar , et on peut dire que cela reste une vraie curiosité comme toute tentative de littérature de science fiction ayant des ambitions plus grand public.

Station Eleven est en effet un roman du genre post apocalyptique écrit par un auteur de littérature blanche dans la veine du roman culte " La Route" de McCarthy .

 Si le genre du roman post apocalyptique ne me séduit pas outre mesure a priori, la profession des protagonistes de l'histoire en revanche ne peut que me passionner : en effet, les personnages principaux du roman Station Eleven, sont des artistes itinérants, qui traversent le pays et vont de communautés en communautés.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est bien cet élément particulier qui a donné naissance au roman , l'auteur reconnaissant ne pas avoir du tout en tête l’aspect apocalyptique et voulait avant tout se focaliser sur cette troupe itinérante qui envers et contre tout poursuit  l’illusion, le rêve.

Des personnages qui restent profondément humain, ce qui est rare dans les livres de SF- là, je me mets tous les fans de science fiction sur le dos- qui gagnent en profondeur grâce à de beaux flash backs qui leur donnent une vraie épaisseur psychologique.

Car et c'est un des gros atouts de ce livre, station eleven est ce genre de romans construit comme un puzzle, dont les pièces vont peu à peu se mettre en place sous les yeux du lecteur. 

Le récit de Mandel se pose la question de savoir quelle oeuvre, quelle culture  survivrait à notre époque si la civilisation venait à être décimée objets culturels suite à une apocalypse ? "The show must go on",  semble clamer ce roman à toutes les pages, et c'est l'idée magnifique de ce livre  important 

2/ La commode aux tiroirs de couleurs ; Olivia Ruiz 3/5

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Une  jeune femme  hérite de sa grand-mère récemment décédée, d’une magnifique commode dont les tiroirs ont été repeints de différentes couleurs.

A l’intérieur de chacun d’eux, la narratrice découvre certains objets qui ont marqué la vie de Rita, son aïeule.  

La voila plongée dans l’histoire de son adorée abuela.

La guerre sous Franco, sa venue en France, l’apprentissage du français…tant d’épreuves surmontées au cours des années passées et qui en font l’histoire de sa famille.

Cette commode, renferme tous les secrets de la famille. Des secrets que peu de personnes connaissaient…

Une découverte de ses origines aux couleurs espagnoles.

L'interprète de la célèbre femme chocolat nous offre son premier roman et revèle son talent de conteuse et un univers proche de celui que l'on connait en tant que chanteuse. 

Un roman court mais dans lequel on se plonge directement sans hésiter

Alors,   même si  l'écriture manque parfois de fluidité et qu'on est parfois un peu perdu dans les personnages,  ce roman touchant à l'image  se savoure comme une friandise aux  milles  et unes couleurs !

 

3. Loin , Alexis Michalik  3/5

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A la mort de sa mère, Antoine retrouve par hasard une carte postale adressée à celle ci, à son nom de jeune fille et dont l'expédieur, Charles n'est autre que le géniteur d'Antoine, disparu sans laisser d'adresses il ya plus de 20 ans et qui n'a plus donné signe de vie depuis.

Le voilà donc parti sur ses traces en Autriche, et décide d'embarquer avec lui dans une petite voiture sa soeur Anne et son meilleur ami laurent, à la recherche du moindre indice pour retrouver la trace de cet homme mystérieux.

Turquie, Arménie, Allemagne, Géorgie :  nos trois compagnons vont suivre un périple assez fou semé d'embuches et de recnontres étonnantes, sur la trace d'une généalogie plus complexe qu'il n'en a l'air.

Ce road trip à  150 à l'heure, à travers les pays d'Europe  truffé de références historiques et d'aller retours entre passe ét présent  nous laisse peu de doutes: nous sommes bien chez Michalik, le petit prodige du théâtre, qui ne change pas de formule pour sa première tentative de fiction littéraire.

Le lecteur, pas trop regardant sur la véracité de certaines situations et l'épaisseur de certaines ficelles narratives ( le style Michalik passe certainement un poil mieux sur les planches que par écrit) ne boudera pas son plaisir devant l'indéniable talent de conteur d'un Michalik qui transforme en or tout ce qu'il touche .

Il faut dire que l'auteur dramaturge sait y faire pour ne jamais ennuyer son lecteur et rendre attachants tous ses personnages, même ceux qui pourraient irriter en certaines occasions et sait nous livrer un roman d'aventures aussi distrayant que roboratif : bref, après  avoir lorgné du coté d'Edmond Rostand, pour son premier long métrage,  Mister Michalik prend Alexandre Dumas comme modèle, on a vu pire comme référence!!